Amitié avec Israël, dossier libanais - Sarkozy rassure le monde arabe et met en garde Damas
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Photo: Agence Reuters
«Notre position [à l'égard d'Israël] est constante: être un ami fidèle, ce n'est pas être un ami complaisant», a-t-il lancé lors d'une conférence de presse aux côtés de son homologue égyptien Hosni Moubarak.
«Je veux être entendu dans les capitales arabes sur ce discours [...]C'est ma position constante, et ça ne me gêne nullement de le dire ici au Caire», a-t-il insisté.
Nicolas Sarkozy a pris comme exemple la conférence pour les Palestiniens qui s'est tenue à Paris le 17 décembre et a permis de rassembler plus de sept milliards de dollars, «qui montre bien que la partie arabe a confiance».
Le chef de l'État, qui se rendra en Israël et dans les territoires palestiniens «au printemps», a de nouveau demandé à l'État juif de «faire un effort qui permettrait de prouver que la paix est possible y compris sur l'arrêt de l'implantation des colonies».
Nicolas Sarkozy, qui s'est entretenu avec le président syrien Bachar el-Assad à plusieurs reprises ces dernières semaines, a déclaré par ailleurs que lui-même et ses collaborateurs cesseraient tout contact avec la Syrie tant que cette dernière ne laisserait pas le Liban se doter d'un «président de consensus».
«Il n'y a qu'un seul acte qui m'intéresse: l'élection d'un président au Liban. Je jugerai de la respectabilité de chacun en fonction de cette décision-là et pas d'une autre», a-t-il lancé en fin d'après-midi lors d'un rencontre avec des intellectuels et des chefs d'entreprises égyptiens à la résidence de l'ambassadeur de France au Caire.
«Je ne prendrai plus de contact avec les Syriens tant que [...] nous n'aurons pas de preuves de la volonté des Syriens de laisser le Liban désigner un président de consensus», a déclaré le président français, tout en assurant «assumer» sa prise de contact avec son homologue Bachar al-Assad. «La France a pris la responsabilité d'un dialogue conditionné avec la Syrie. [...] Il est venu le temps pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu'ils ne cessent de proclamer dans has discours.»
«Le Liban doit avoir un président, un président de consensus», a-t-il poursuivi.
Le Liban se trouve sans président depuis la fin du mandat du pro-syrien Émile Lahoud le 23 novembre, en raison des désaccords persistants entre la majorité anti-syrienne et l'opposition proche de Damas et Téhéran. Le vote du Parlement libanais a été reporté à 11 reprises en trois mois environ et est désormais fixé au 12 janvier.
Nicolas Sarkozy a également affirmé l'intention de Paris d'aider financièrement à l'installation d'un tribunal pénal international pour juger les assassins de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri, tué à Beyrouth en février 2005.
Relations franco-égyptiennes
Au chapitre des relations franco-égyptiennes, Nicolas Sarkozy a souligné combien comptait pour lui d'avoir avec Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, des relations aussi bonnes que celles que le raïs de 79 ans entretenait avec ses prédécesseurs Jacques Chirac et François Mitterrand.
Il a dit apprécier «la modération qui est la sienne sur tous les dossiers où il privilégie le dialogue, le consensus, la rencontre, dans une région qui a besoin de paix».
Soucieux de «permettre aux pays arabes d'accéder à l'énergie du futur», Nicolas Sarkozy a assuré son hôte de «la disponibilité de la France pour coopérer sur les grandes ambitions en matière de nucléaire civil».
Nicolas Sarkozy a par ailleurs dit avoir obtenu le soutien du Caire à son projet de création d'Union méditerranéenne qui devra «s'organiser autour de projets concrets» -- propreté de la mer Méditerranée, nucléaire civil, échanges d'étudiants, etc.
«Ce que nos pères ont été capables de faire en Europe, je veux que notre génération le fasse pour la Méditerranée», a-t-il plaidé plus tard à la résidence de l'ambassadeur de France.«Ma famille c'est l'Europe, ma famille c'est l'Occident mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que la France soit un pont entre l'Orient et l'Occident», a ajouté le président devant quelques dizaines de personnes, où l'on reconnaissait sa nouvelle compagne Carla Bruni.
Le chef de l'État et la chanteuse s'étaient échappés dans l'après-midi pour aller se promener main dans la main, et sans se cacher des photographes, sur le site des pyramides dans les faubourgs du Caire.

