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Que la Fête commence!

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Gerry Pagé
Envoyé Le dimanche 30 décembre 2007 10:00



Avec un nom aussi muséal que le vôtre, vous savez mieux que quiconque qu'il y a des lunes que «la belle au bois dormant» est l'objet principal des fouilles archéologiques qui crevassent le Vieux Québec. Par contre, depuis les débuts de leur assomption aux altitudes de leurs joyeux ébats, derrières les épais rideaux de l'immunité, les «sherpas du 400e» portent à bout de bras «la belle au bois mort». Désincarnée et désossée par les spécialistes de l'incolore, de l'inodore et de l'insipide; exploitée par les «money makers» de l'industrie des poudres et des artifices, QUÉBEC 2008 ne sera qu'une succession de fresques spectaculaires, grassement subventionnées à même les argents du peuple-payeur le plus taxé au Canada et concoctées par les quelques pachas et divas de l'industrie des accointances, grassement rémunérés de cachets placés sous la protection de l'abri fiscal des comptes de dépenses, entre autre. À l'extrême opposé des apologies nationalistes implosives de la CCN et des plaidoyers séparatistes explosifs minutieusement peaufinés par les Denis Vaugeois et autres férus d'épigrammes urbi et orbi, ciblant l'anglophonie canadienne et moussant les pluri-phobies québécoises, le groupuscule des invisibles, formant la «Commission du 400e», Commission plénipotentiaire truffée de parvenus et de bien-nantis qui ne s'en sortiront que mieux-nantis, s'est claustré derrière les murs de la citadelle des secrètes stratégies et des invisibles tactiques, sous la garde rapprochée de quelques pelotons de pantins et patoches qui se titrent eux-mêmes et s'épithètent d'intellos férus de créativités artistiques, comme si c'était le 400e de la Place des Arts, du Grand Théâtre et des quelques autres Auberges de la culture exclusive et à sens unique. C'est ainsi que béate et beurrée, couches par-dessus couches, une plèbe leurrée viendra s'empiler, aux risques de 15 000 entassés, à la Place Du Délire Collectif, devant les veaux d'or du «batinse» de spectacle dont tous les tamtams de la jactance plastique et les mèches de la flamboyance médiatique n'arriveront jamais à enterrer le vacarme abrutissant des sommes faramineuses qui y sont englouties.

Les vrais succès et les seules réussites des CÉLÉBRATIONS 1608-2008, viendront de CE que les Québécois auront décidé de se souvenir, de CE que les Québécois, dans toutes les régions de LA NATION DISTINCTE, auront eu le goût de s'offrir, de CE que les Québécois auront eu le plaisir de célébrer entre eux, aux sommets de leur créativité et aux limites de leurs moyens, avec toute la simplicité et l'heureuse spontanéité qui leurs sont naturelles, avec la chaleureuse collégialité et la bienveillante convivialité qui leur sont reconnus, AVEC TOUT CE QUE LE FASTE IGNORE POUR LA SIMPLE RAISON QU'IL EN EST ABSOLUMENT INCAPABLE.

Les Soirées et les Galas, les Canapés et les Loggias pour les balconnistes empesés, pour les je-me-moi constipés, leurs acolytes les «m'as-tu-vu» astiqués et leurs comparses les «précieuses ridicules» pomponnées. Par contre et simultanément, LE PLANCHER POUR LES DÉCONTRACTÉS ET SACRÉS BONS-VIVANTS QUE SONT LES QUÉBÉCOIS DE SOUCHE ET D'ADOPTION, CES HEUREUX HÉRITIERS D'UN PATRIMOINE DE SOCIABILITÉ ET CONTAGIEUX TÉMOINS DE LA DISTINCTION TYPIQUEMENT QUÉBÉCOISE DONT LA STATURE EST SANS PAREIL ET DONT LA VIVACITÉ EST SANS ÉGALE, PARFAITEMENT CAPABLES DE VALSER AU RYTHME DES CHANSONS DU PLUS HEUREUX DES FOLKLORES. En dépit des prétentions des «arrangeurs» du 400e, à l'effet que si tout va bien, ce sera grâce à eux et que si tout va mal, ce sera porté au compte de la plèbe de tous leurs mépris, je crois sincèrement que ce sera le contraire, puisque nul ne saurait avaliser aussi niaisement l'adage qui longe les sentiers de la stupidité des ego-culturistes et qui déambule comme suit : «Lorsque l'élève réussit bien, c'est qu'il est intelligent; lorsqu'il échoue, c'est que son maître est pitre».

C'est, en bref, le résumé de ce qu'ont entendu tous ceux et celles qui se donnent la peine d'écouter ce qui se dit, depuis plus de deux ans, au travail, dans les transports en commun, aux cafétérias et restos du midi, sur les trottoirs de semaines et les places publiques de fins de semaines, autrement dit, là où vit et vibre le vrai monde. Ça n'a rien à voir avec ce qu'extrapolent et interprètent les péteux de macro broue et les brasseux de mégas piastres, à quelque Commission soient-ils associés.

Donc, que la Fête commence et que les Québécois prennent toute la place qui leur conviendra, de la façon qui leur conviendra et aux moments qui leur conviendront. Que les Québécois prennent d'assaut leur Québec, laissant les touristes et curieux badauds aux soins des sherpas du 400e!

Gerry Pagé
Ville de Québec

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