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Que la Fête commence!
Les vrais succès et les seules réussites des CÉLÉBRATIONS 1608-2008, viendront de CE que les Québécois auront décidé de se souvenir, de CE que les Québécois, dans toutes les régions de LA NATION DISTINCTE, auront eu le goût de s'offrir, de CE que les Québécois auront eu le plaisir de célébrer entre eux, aux sommets de leur créativité et aux limites de leurs moyens, avec toute la simplicité et l'heureuse spontanéité qui leurs sont naturelles, avec la chaleureuse collégialité et la bienveillante convivialité qui leur sont reconnus, AVEC TOUT CE QUE LE FASTE IGNORE POUR LA SIMPLE RAISON QU'IL EN EST ABSOLUMENT INCAPABLE.
Les Soirées et les Galas, les Canapés et les Loggias pour les balconnistes empesés, pour les je-me-moi constipés, leurs acolytes les «m'as-tu-vu» astiqués et leurs comparses les «précieuses ridicules» pomponnées. Par contre et simultanément, LE PLANCHER POUR LES DÉCONTRACTÉS ET SACRÉS BONS-VIVANTS QUE SONT LES QUÉBÉCOIS DE SOUCHE ET D'ADOPTION, CES HEUREUX HÉRITIERS D'UN PATRIMOINE DE SOCIABILITÉ ET CONTAGIEUX TÉMOINS DE LA DISTINCTION TYPIQUEMENT QUÉBÉCOISE DONT LA STATURE EST SANS PAREIL ET DONT LA VIVACITÉ EST SANS ÉGALE, PARFAITEMENT CAPABLES DE VALSER AU RYTHME DES CHANSONS DU PLUS HEUREUX DES FOLKLORES. En dépit des prétentions des «arrangeurs» du 400e, à l'effet que si tout va bien, ce sera grâce à eux et que si tout va mal, ce sera porté au compte de la plèbe de tous leurs mépris, je crois sincèrement que ce sera le contraire, puisque nul ne saurait avaliser aussi niaisement l'adage qui longe les sentiers de la stupidité des ego-culturistes et qui déambule comme suit : «Lorsque l'élève réussit bien, c'est qu'il est intelligent; lorsqu'il échoue, c'est que son maître est pitre».
C'est, en bref, le résumé de ce qu'ont entendu tous ceux et celles qui se donnent la peine d'écouter ce qui se dit, depuis plus de deux ans, au travail, dans les transports en commun, aux cafétérias et restos du midi, sur les trottoirs de semaines et les places publiques de fins de semaines, autrement dit, là où vit et vibre le vrai monde. Ça n'a rien à voir avec ce qu'extrapolent et interprètent les péteux de macro broue et les brasseux de mégas piastres, à quelque Commission soient-ils associés.
Donc, que la Fête commence et que les Québécois prennent toute la place qui leur conviendra, de la façon qui leur conviendra et aux moments qui leur conviendront. Que les Québécois prennent d'assaut leur Québec, laissant les touristes et curieux badauds aux soins des sherpas du 400e!
Gerry Pagé
Ville de Québec
