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S'adapter au pluralisme des convictions ...
Il ne s'agit pas de "s'arracher" à la sensibilité de l'enfance. Quand on a grandi dans l'odeur des cierges et de l'encens, entouré de chants grégoriens, d'histoire sainte, de faute originelle et de péchés mortels, on demeure marqué dans sa sensibilité. Elle écrit aussi : "...réussir en quelques années à "se libérer" de la religion, alors que les rares peuples, dont les Français qui ont instauré la laïcité, ont mis quelques siècles pour y arriver. Et encore."
De fait, le président français SARKOZY est en train de détricoter, lentement mais sûrement, la la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 ! Pourquoi est-il inféodé à ce point à la religion ? Il témoigne ainsi d'un fait sociologique que tendent à confirmer des observations récentes (psycho-neuro-physio-éducatives), IRMf à l'appui : une éducation religieuse précoce, renforcée par un milieu unilatéral croyant, sont forcément affectifs puisque fondés sur la confiance,l'exemple des parents et la soumission aux éducateurs. Ils laissent donc des "traces" indélébiles dans le cerveau émotionnel" qui sont susceptibles de perturber l'esprit critique ultérieur, quels que soient l'intellect et l'intelligence, du moins dès qu'il est question de religion.
Denise BOMBARDIER écrit par ailleurs : "L'incroyant, la plupart du temps, ne sera ni antireligieux" ( d'accord : je suis athée mais je souhaite que l'on puisse choisir de croire ou de ne pas croire), "ni même adversaire acharné de l'Eglise" (là, je suis moins d'accord : elle a certes récupéré les principes et les valeurs humanistes (tolérance,
ouverture à la différence, autonomie, ..., mais sa volonté de mainmise sur les consciences reste hypocritement présente).
Il ne s'agit pas de faire "tabula rasa" du passé culturel, mais seulement de ne pas le laisser hypothéquer l'avenir en ne s'adaptant pas à la modernité.... Ainsi, à notre époque de pluralisme des cultures et des convictions, les parents croyants ne devraient-ils pas se demander s'ils ont encore moralement le droit, pourtant légitime et constitutionnel, de continuer à donner à leurs enfants la même éducation que celle qu'ils ont reçue ? Les parents sont-ils infaillibles et bien informés quant aux alternatives non aliénantes ?
Je déplore d'ailleurs que les deux programmes du nouveau cours d'"éthique et culture religieuse" privilégie la seule découverte de l'expérience religieuse, au travers de sept religions, surtout catholique ..., au détriment d'une information, évidemment non prosélyte, des principes, des valeurs, des fondements et des objectifs de l'humanisme laïques, apparemment ignorés au Québec. L'option laïque serait-elle une abomination ?
Je suis partisan, par simple honnêteté intellectuelle, de permettre aux jeunes de choisir, aussi librement et tardivement que possible, leurs futures convictions philosophiques ou religieuses. Je l'exprime en deux pages :
http://atheisme.free.fr/Contributions/Croire_ou_pas_croire.htm
Michel THYS, Waterloo en Belgique.
