L'assassinat de Bhutto accentue les tensions sur les marchés

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AFP
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 décembre 2007

Mots clés : crise financière, Benazir Bhutto, Économie, Pakistan (pays)

Des milliers de Pakistanais ont tenu à commémorer hier la mémoire de Benazir Bhutto, assassinée jeudi.

Photo: Agence Reuters

Paris -- L'assassinat de Benazir Bhutto est venu crisper encore davantage des marchés mondiaux déjà fragilisés par la crise financière, le pétrole et l'or repartant nettement à la hausse.

Le Pakistan entre dans une nouvelle période de tensions et de turbulences, comme l'a montré un nouvel attentat à la bombe hier, qui a tué au moins quatre personnes.

Les marchés boursiers ont accusé le coup dans le monde. Hier, Wall Street a terminé à l'équilibre, son indice vedette le Dow Jones, clôturant stable, alors que les marchés européens ont fini sur des notes contrastées. En Asie, les Bourses ont terminé en baisse de 1,7 % à Hong Kong et de 1,65 % à Tokyo.

«La mort de Bhutto pourrait aggraver les tensions géopolitiques, et faire ainsi monter les prix du brut», a estimé Prayoga Triyono, gérant chez Henan Putirai Asset Management à Jakarta. «À partir du moment où les matières premières s'enflamment, ça joue sur les actions», renchérit un courtier parisien.

Le regain de tensions géopolitiques provoqué par la mort de Mme Bhutto attise en effet des prix du pétrole qui sont montés jeudi à leur sommet depuis un mois et ont pris plus de cinq dollars en une semaine.

Barre symbolique

Hier, le baril de brut s'affichait à 97,92 $ à New York à courte distance de son record historique de 99,29 $ atteint le 21 novembre, et de la barre symbolique de 100 $. «Le Pakistan n'est pas un pays producteur mais il se trouve dans une zone extrêmement importante en termes stratégiques», et pourrait prendre une importance croissante pour le transfert d'hydrocarbures, remarque Francis Perrin, directeur de la rédaction de la revue spécialisée Pétrole et gaz arabes.

«L'arme nucléaire, l'extrémisme islamiste, cela focalise l'attention des opérateurs de pétrole et s'ajoute à d'autres facteurs» qui ont fait rebondir le marché ces derniers jours, ajoute-t-il.

Outre l'incendie d'un oléoduc au Nigeria, premier exportateur de pétrole africain, la baisse des stocks américains de pétrole démontre «une assez bonne tenue de la consommation pétrolière» aux États-Unis, précise M. Perrin, alors que les craintes d'un fort ralentissement outre-Atlantique avaient largement contribué au repli des prix du brut ces dernières semaines.

Le facteur géopolitique revient aussi au premier plan sur le marché des matières premières, avec la multiplication des interventions de l'armée turque contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, pays qui se situe au quatrième rang mondial pour les réserves pétrolières.

Cours de l'or

Dans ce contexte, les yeux du marchés se lèvent à nouveau vers l'horizon des 100 $. «J'ai du mal à penser qu'en frôlant à plusieurs reprises un seuil aussi symbolique, le marché ne l'atteigne pas», fait valoir M. Perrin, car le baril a déjà frôlé fin novembre et début décembre ce niveau hautement symbolique.

Le cours de l'or, traditionnelle valeur refuge en période d'incertitudes, a également bondi jeudi, gagnant jusqu'à cinq dollars après l'assassinat de Mme Bhutto, pour clôturer à 829 $.

L'once de métal précieux était à des plus hauts hier, à 833 $, au plus haut depuis un mois et non loin du record historique de 850 $ l'once atteint en janvier 1980.

«Le marché est sur une tendance haussière» qui pourrait être accentuée «si les élections prochaines au Pakistan sont perturbées ou si l'état d'urgence est réinstauré», constate James Moore, analyste métaux chez Bullion Desk.


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