Des escrocs de la chirurgie plastique font des ravages au Mexique

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AP
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 décembre 2007

Mots clés : chirurgie plastique, Justice, Mexique (pays)

Guadalajara -- Au Mexique, 43 personnes défigurées après une intervention de chirurgie esthétique ont déjà porté plainte depuis 2003 contre Agustin Huerta, un médecin exerçant comme chirurgien esthétique sans formation. Une pratique répandue au Mexique, et qui pose la question de la facilité avec laquelle des escrocs peuvent exercer en toute liberté.

Arrêté le 6 décembre dernier, Augustin Huerta risque environ huit ans de prison s'il est reconnu coupable de fraude, d'irresponsabilité médicale, de préjudice et d'exercice illégal, selon le procureur Elsa Arias.

«Il opérait à droite et à gauche pour gagner facilement de l'argent et n'assurait pas le suivi des traitements, a-t-elle souligné. Il savait qu'il n'avait pas les sept ans de formation nécessaires pour ce genre de chirurgie. Il a menti.»

De telles situations sont fréquentes au Mexique. Toujours en décembre, un homme a été arrêté dans l'État de Coahuila: il exerçait la médecine depuis 30 ans avec en tout et pour tout un diplôme de... comptable. Et ce, alors qu'un nombre non connu mais en augmentation constante d'Américains franchissent la frontière mexicaine pour y subir des interventions bien moins chères qu'aux États-Unis.

À Tijuana par exemple, ville-frontière, dans certains hôpitaux la plupart des patients sont américains: la majorité arrivent de Californie pour des soins dentaires ou de chirurgie plastique, deux disciplines qui ne sont pas prises en charge. Ce mois-ci, la communauté médicale de Tijuana a même annoncé une initiative pour augmenter encore ce «tourisme médical».

Ce qui pousse l'ambassade des États-Unis à mettre en garde les éventuels clients des risques des interventions locales. Elle rappelle que, quand les choses tournent mal, obtenir des compensations peut être quasi impossible. Les poursuites en nom collectif (class action), une des principales bases de la protection des consommateurs aux États-Unis, n'existe pas au Mexique, où le système judiciaire est gangrené par la corruption et l'inertie bureaucratique.

Selon Elsa Arias, Augustin Huerta distribuait ses cartes de visite imprimées en anglais, avec la mention: «chirurgien cosmétique et esthétique». À l'entendre, l'escroc a souvent du faire pression sur ses patients pour qu'ils acceptent d'être opérés tout de suite, se vantant de pouvoir les faire ressembler à une star.

Beaucoup d'entre eux s'en sont sortis avec des infections sévères, des cicatrices défigurantes au visage, des seins de travers ou des ventres bosselés, affirme-t-elle.

Huerta a refusé d'être interviewé, mais son avocat, Victor Varela, affirme qu'il possède un diplôme médical et a suivi un enseignement de lipostructure en Europe. Selon lui, Huerta était tout à fait qualifié pour réaliser des «actes esthétiques», aucun des actes réalisés, a-t-il insisté, n'étant considéré comme de la chirurgie plastique.

Le médecin «n'a réalisé que de la liposculpture, qui comprend des implants mammaires et fessiers et de la liposuccion», a fait valoir l'avocat de la défense. «C'est une question d'esthétique, et pas de chirurgie plastique». Selon lui, les plaintes exprimées par les patients sont financières. Il accuse une partie d'entre eux d'avoir négligé le traitement post-opératoire et d'avoir bu et fumé après l'opération.

Une plaidoirie que contredit l'histoire de Lorena Ramirez, une femme diabétique et hypertendue, opérée par Huerta, puis morte d'un infarctus après la survenue de multiples complications post-opératoires ayant nécessité une hospitalisation.


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