Trois fois l'année cinéma - Martin Bilodeau
Mots clés : I'm Not There, Atonement, Cinéma, Québec (province)

On ne parle pas assez des producteurs. Enfin, on parle trop souvent des mêmes, pas assez, conséquemment, de ceux qui parient sur les auteurs et font avec eux le pari de la rigueur. Tel Luc Déry, qui a produit cette année le plus beau film québécois de l'année: Continental, un film sans fusil. En quelques productions (Un crabe dans la tête, Familia, Congorama), Déry s'est imposé comme un phare dans notre paysage cinématographique. Sous la bannière de sa compagnie micro_scope, il veille présentement aux destinées de C'est pas moi, je le jure, le nouvel opus de Philippe Falardeau, attendu d'ici l'été.
«Chante-la ta chanson»
2007 aura été l'année du «musical». L'éventail, très large, allait du «biopic» ronronnant (La Vie en rose, sur Piaf) au génial kaléidoscope (I'm Not There, sur Dylan). À mi-chemin entre les deux, on s'est amusé ferme devant la superbe courtepointe beatlemaniaque Across the Universe, de Julie Taymor (Frida), le jubilatoire et excessif Hairspray, d'après John Waters, et le supra-gothique Sweeney Todd, que Tim Burton, dans une forme resplendissante, a tiré de la comédie musicale de Stephen Sondheim.
Le retour aux sources
Après deux opus hollywoodiens sans envergure (Intolerable Cruelty et The Ladykillers), Joel et Ethan Coen nous ont donné l'électrochoc de l'année avec No Country for Old Men (Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme), un western contemporain qui s'inscrit dans la lignée des Blood Simple et Fargo. C'est dire comme c'est noir là-dedans.
Le «comeback» de l'année
Paul Verhoeven, qui est rentré dans sa Hollande natale pour y réaliser Le Carnet noir, un savant et captivant thriller campé pendant la Deuxième Guerre mondiale. On y a reconnu les outrances du réalisateur de The Fourth Man et Robocop, sans les simagrées de celui qui nous a donné Basic Instinct et Starship Troopers. Mention à Sydney Lumet, qui fait lui aussi un brillant «comeback» avec Before the Devil Knows You're Dead (7h58 ce samedi-là).
Le blockbuster de l'année.
Si tous les blockbusters estivaux possédaient le charme, l'intelligence et la redoutable efficacité de The Bourne Ultimatum (La Vengeance dans la peau, de Paul Greengrass d'après Robert Ludlum), je prendrais mes vacances en hiver.
Le documentaire de l'année
Merci Benoît Pilon pour le coup de foudre que vous m'avez fait éprouver devant les gens de Radisson présentés dans Des nouvelles du Nord, une oeuvre belle, patiente, émouvante et souvent drôle. Et encore à l'affiche à Ex-Centris. Courez-y.
Le film français de l'année
Je vais bien ne t'en fais pas, un drame simple et bouleversant de Philippe Lioret (Mademoiselle) sur une étudiante à la recherche de son jumeau disparu. Suivent, tout juste derrière, Coeurs, d'Alain Resnais, Le Pressentiment, de Jean-Pierre Darroussin, et Les Amitiés maléfiques, d'Emmanuel Bourdieu.
Le déjà oublié et c'est injuste
L'année 2007 aura marqué un retour aux thrillers politiques et dans le genre, aucun ne possède la puissance de Breach, de Billy Ray, sorti en début d'année, avec le brillant Chris Cooper dans le rôle de Robert Hanssen, un agent décoré du FBI qui vendait des secrets d'État aux Soviétiques.
Le plus coupable des plaisirs
Je le dois au Torontois David Cronenberg qui, avec le captivant et morbide Eastern Promises, signe un de ses films les plus sanglants et les plus aboutis en carrière. Juste derrière A History of Violence, mon film de l'année en 2005.
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Collaborateur du Devoir
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