Mots clés : Peuple invisible, Algonquins, Autochtone, Immigration, Québec (province)
Comme le faisait si justement remarquer Marie-Andrée Chouinard en écho au documentaire de Richard Desjardins sur la condition des Algonquins («Déni d'existence», Le Devoir, le 19 décembre 2007), le silence qui a suivi la sortie du Peuple invisible a de quoi troubler.
Ce mutisme et cette indifférence tendent d'ailleurs à démontrer la pertinence d'un tel film, à plus forte raison en cette période de remue-méninges qui a vu la commission Taylor-Bouchard se livrer à une consultation tous azimuts auprès de la société québécoise. Tous azimuts? Enfin, presque, puisqu'on a exclu d'office les Amérindiens, cette portion encombrante de la population. Une situation parfaitement inacceptable et qu'il convient de dénoncer énergiquement! C'est dire combien la démarche de Richard Desjardins demeure d'une cruelle actualité. Espérons que ce portrait juste et sans complaisance de la condition autochtone contribuera à réduire la profondeur du fossé historique qui s'est creusé entre le «nous» prétendument inclusif et ce peuple déshérité une fois de plus tombé, semble-t-il, dans les interstices de l'histoire.