Mort de Benazir Bhutto - Un collaborateur accuse le gouvernement de «mensonges»
Mots clés : Benazir Bhutto, Décès, Pakistan (pays)

Photo: Agence Reuters
«C'est sans fondement. C'est un tas de mensonges», a déclaré à l'AFP Farooq Naik, qui était le principal avocat de Benazir Bhutto et qui est un haut responsable de sa formation politique, le Parti du peuple pakistanais (PPP). «Deux balles l'ont touchée, une dans l'abdomen et une dans la tête», a affirmé M. Naik.
«Le secrétaire personnel de Bhutto, Naheed Khan, et le responsable de son parti, Makhdoom Amin Fahim, se trouvaient dans la voiture et ont vu ce qui s'est passé», a-t-il dit. «C'est une perte irréparable, et ils racontent des histoires avec de telles affirmations. Le pays va à la guerre civile», a-t-il dit.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Javed Cheema, avait auparavant déclaré que l'autopsie du corps avait montré que la blessure mortelle avait été causée par le choc avec le levier du toit ouvrant lorsque Mme Bhutto a tenté de se protéger contre l'attentat.
L'auteur de l'attentat a apparemment tiré trois coups de feu vers Mme Bhutto avant de faire exploser la bombe qu'il portait sur lui, mais il l'a ratée, a déclaré le général Cheema. «Le levier l'a heurtée près de l'oreille droite et a fracturé son crâne», a déclaré le général Cheema. «On n'a trouvé ni balle ni éclat de métal dans la blessure», a-t-il dit.
Selon le gouvernement, les services de renseignement pakistanais ont intercepté l'appel d'un haut responsable d'al-Qaïda au Pakistan, Baitullah Mehsud, qui aurait commandité non seulement cette attaque mais aussi l'attentat qui a tué 139 personnes au retour d'exil de Bhutto, en
octobre.
«Le gouvernement affirme maintenant que Baitullah Mehsud est responsable», a déclaré M. Naik à l'AFP. «Où sont les preuves?»
«Elle a été emmenée à l'hôpital. Elle saignait. C'est une sérieuse défaillance de la sécurité», a-t-il ajouté.
La mort de cette figure de proue de l'opposition a suscité une vague d'émeutes au Pakistan, faisant au moins 33 tués et de lourds dégâts matériels.
Des centaines de milliers de partisans ont suivi hier ses funérailles, et nombre d'entre elles ont rendu le président Pervez Moucharraf responsable de sa mort pour n'avoir pas réussi à la protéger.
Bhutto avait été avertie que les islamistes la visaient. Le général Cheema avait auparavant indiqué à l'AFP que l'opposante pro-occidentale était «en tête de liste» d'al-Qaïda.

