États-Unis - La crise au Pakistan préoccupe les candidats à la présidentielle

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AFP
Édition du samedi 29 et du dimanche 30 décembre 2007

Mots clés : Benazir Bhutto, présidentielle, Élection, Pakistan (pays), États-Unis (pays)

Des Moines, États-Unis -- L'assassinat de Benazir Bhutto à quelques jours du début des primaires pour la présidentielle américaine de 2008 a poussé les candidats à mettre en avant leurs capacités à gérer les crises internationales et leur expérience.

Alors que les dossiers socioéconomiques dominaient la campagne, l'assassinat de l'ex-première ministre pakistanaise, traité en boucle par les chaînes d'information américaines, a ramené au premier plan la «guerre contre le terrorisme» et l'importance du rôle de «commandant en chef» du président.

Il y a huit ans, le candidat George W. Bush n'avais pas su nommer les dirigeants du Pakistan et de l'Inde lors d'une entrevue télévisée à quelques mois des primaires. L'épisode, embarrassant, ne l'avait pas empêché de l'emporter l'année suivante. Mais cette époque est désormais révolue...

«Pendant cette campagne, j'ai toujours dit que j'étais celui qui a l'expérience, la connaissance et le jugement», a déclaré le sénateur républicain John McCain, dont la campagne, moribonde l'été dernier, connaît un rebond spectaculaire. «Je suis allé au Pakistan, je connais Moucharraf, je peux prendre le téléphone et l'appeler. Je connaissais Benazir Bhutto», a-t-il insisté.

Côté démocrate, Hillary Clinton, qui semble selon de récents sondages avoir enrayé sa chute dans l'Iowa, le premier État à se prononcer sur les investitures des partis, est intervenue de manière très «présidentielle» sur la chaîne d'information CNN. «Je ne pense pas que le gouvernement pakistanais à ce jour sous le président Moucharraf ait la moindre crédibilité. Ils ont démantelé un système judiciaire indépendant, ils oppriment la presse libre, c'est pourquoi j'appelle à la création d'une commission d'enquête internationale et indépendante», a déclaré Mme Clinton, assise devant un drapeau américain. «Je connaissais évidemment Benazir Bhutto et j'admirais sa capacité à diriger», a ajouté l'ex-première dame aujourd'hui sénatrice.

Mais alors que les assemblées électorales de l'Iowa, ouverture officielle des primaires et test fondamental pour nombre de candidats, doivent se tenir le jeudi 3 janvier, les autres prétendants n'ont pas laissé les vieux loups occuper seuls le devant de la scène.

M. Obama a appelé à la fermeté «dans notre désir de mettre fin au genre d'actes terroristes subis non seulement au Pakistan mais dans d'autres régions du monde» tandis que son conseiller David Axelrod a une nouvelle fois rappelé que l'expérience n'empêchait pas les erreurs, citant le choix de Mme Clinton en 2002 de voter pour la guerre en Irak.

«Une des raisons pour lesquelles le Pakistan se trouve dans un tel désarroi, c'est qu'al-Qaïda est en train de se relever [...], c'est une conséquence du fait qu'on avait perdu de vue [cette question] et qu'on a fait une erreur de jugement en allant en Irak», a insisté M. Axelrod.

John Edwards, le troisième homme de la course à l'investiture démocrate, a pour sa part affirmé avoir personnellement parlé au président Moucharraf après l'assassinat pour lui demander d'oeuvrer à la démocratisation du pays et de permettre une enquête internationale.

Côté républicains, Mike Huckabee, l'étoile montante du parti mais dont l'avance sur Mitt Romney semble diminuer dans l'Iowa, a réfuté l'idée que son manque d'expérience l'empêcherait de prendre les bonnes décisions en matière de politique internationale, fustigeant l'utilisation de la crise pakistanaise pour des «jeux politiques».


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