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Grâce à l'oubli, l'incurie se perpétue.

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Gerry Pagé
Envoyé Le samedi 29 décembre 2007 10:00



L'ex-président du Pakistan, Mohamad Nawaz Sharif, que le Général militariste et putschiste Pervez Musharraf a renversé, le 12 octobre 1999, fait figure de proue, en plein centre de la cible de l'épuration que nécessite l'instauration «incontestée» de la dictature à Islamabad. La bouillabaisse de son élimination en est à ses derniers bouillons, puisqu'il qualifie Musharraf de source originelle du chaos pakistanais et qu'il le somme de quitter le pouvoir usurpé, dans les plus brefs délais, en limitant son échéance à 24 heures». Il annonce du même souffle, que son parti, l'un des deux principaux de l'opposition après celui de Mme Bhutto, boycottera les élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier. Et, croyant que ce ne soit pas suffisant, il a convoqué une «colère» appelée «grève» générale, pour le vendredi 28 dernier, ajoutant qu'il mènera la guerre contre l'usurpateur Musharraf qui aurait besoin d'une majorité sans équivoque, au sortir du prochain scrutin du 8 janvier 2008, pour pouvoir légitimer son trône à la présidence du pays.

Même s'il est plus facile de convaincre un islamiste aveuglément intégriste et follement extrémiste, d'abattre une femme de pouvoir, plutôt que d'éliminer un homme du pouvoir, Sharif semble avoir dessiné précisément les contours de son destin tout aussi inéluctable que funeste. Téméraire incorrigible, comme celle qui vient d'en payer le prix de sa vie, Sharif est dans la mire de Musharraf, de l'ISI pakistanaise liée à la CIA états-unienne. Sur sa route déjà cahoteuse, il agence les pavés de sa mort.

Pour hier, comme pour aujourd'hui et pour demain, il est plus que probable que c'est aux alentours de ce théâtre Sud-Asiatique que se jouera la Première d'une imminente 3e Frappe mondiale. À cet égard et en appui à cette hypothèse, il serait plus qu'indiqué de se souvenir que le chef des services d'espionnage pakistanais (ISI), le lieutenant-général Mammoud Ahmad, se trouvait aux États-Unis lors des attaques contre le World Trade Center et le Pentagone et qu'il a eu des entretiens, au cours de la semaine précédant ces attentats terroristes, avec ses vis-à-vis de la CIA et du Pentagone. Il est également prescrit de se rappeler que le 9 septembre 2001, alors que le Général Mammoud Ahmad se trouvait aux USA, en entretiens secrets avec ses vis-à-vis de la CIA et du Pentagone, le Commandant Ahmad Shah Massoud, de l'Alliance du Nord, était assassiné et que les hauts responsables de l'Alliance ont informé l'administration Bush que les services secrets pakistanais (ISI) étaient impliqués dans cet assassinat, selon la convergence de tous les indicateurs d'une telle probabilité. C'est donc en toute connaissance de cause que l'administration Bush a pris la décision, lors des consultations intervenues avec le général Mammoud Ahmad après le 11 septembre, de «coopérer» directement avec les services de renseignements pakistanais, malgré leurs liens avec Oussama ben Laden et les talibans, malgré leur rôle présumé dans l'assassinat de Massoud et malgré tout le reste. Dans la perspective de la thèse très documentée et jamais démentie, soutenant l'existence interactive de l'axe ISI-OUSSAMA-TALIBAN-CIA-DIA, le «théoriquement impossible» cet objet des discours truqués, devient pratiquement et irréfutablement possible. CE TANGIBLE POSSIBLE dont tout trucage additionnel ne saurait échapper aux griffes de la mémoire vive, EST DEVENU TERRORISANTE RÉALITÉ. Le Monde y est confronté.

L'histoire perd de son sens et de son utilité première, quand on perd la trace du moindre des morceaux de son puzzle. C'est dans l'oubli, dans la paresse intellectuelle et, pire encore, dans l'ignorance crasse de l'histoire, que les terriens répètent désespérément les mêmes erreurs dont certaines prennent une ampleur catastrophique, sur l'échelle de l'apocalypse. C'est ainsi que l'incurie se perpétue et que «l'axe du mal» prend ses aises, autant dans les Succursales qu'à la Maison Mère...

Gerry Pagé
Ville de Québec

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