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Un «Lee Oswald» ne sera pas facile à trouver!

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Gerry Pagé
Envoyé Le vendredi 28 décembre 2007 17:00



La fin tragique de Benazir Bhutto est un autre effet de la bestialité qui anime certains résidus de l'humanité au sommet de laquelle trônent les militaristes dictateurs qui assassinent au nom d'une guerre aux extrémistes et au nom d'une paix virtuelle dans laquelle ils baignent leur conscience sanguinaire. Et, ils ne sont pas les moindres ni les derniers venus, dans la cour des haut-gradués et des haut-gradés.

Les spéculations émergeront de tous les bourbiers et iront dans tous les sens de l'opportunisme crasse. Mais, on finira par trouver un parfait innocent et on l'étiquettera, avec la même tactique hollywoodienne par laquelle on a timbré Lee Harvey Oswald, lors du meurtre sordide de John F. Kennedy qui fut lâchement exécuté pas ceux-là mêmes qu'il dérangeait. John F. Kennedy dérangeait et, 44 ans plus tard, Benazir Bhutto dérangeait l'omnipotence corrompue, cette prépotence perverse dont se gavent et se truffent jusqu'à la rage, ceux qui envoient leurs rivaux déstabilisateurs et/ou ennemis aux potences de leur vengeance, parce qu'ils se croient mandatés et justifiés de ce faire; parce qu'ils se croient des «hommes faits dieux», des «parias faits Allah».

À l'opposé, n'est-il pas bizarroïde de constater que les Ben Laden, George W. Bush, Ehud Olmert, Mahmoud Ahmadinejad et d'autres Pol Pot collectionneurs de macchabées, ne semblent déranger personne et que leur bien vivante conscience porte des morts par centaines de milliers avec la même fierté qu'un lion porte sa tignasse?

La corruption est la quadrature du cercle de la mondialisation, Cette fin maudite de l'omnipotence qui justifie tous les moyens. Dans le cas de la «Jeanne-D'Arc» du Pakistan, on trouvera probablement moyen de prétendre que son passé l'a rattrapée et que son assassinat vient prolonger la bien triste série d'une dynastie qui a baigné dans le sang. En fin de compte, la corruption n'est pas le fait d'un homme ni celui d'une femme. La corruption fait partie intégrante du «pouvoir théiste», aussi dominateur que guerroyeur, aussi chasseur que cribleur. Qui s'y frotte s'y pique. D'une façon qu'elle n'a certes pas choisie, mais après laquelle l'imprudente, n'ayant pour armure et protection que sa seule témérité, a couru de son plein gré, il demeure le fait évidemment incontournable que le nom de Bénazir Bhutto, la Lady Die Sud Asiatique, sera inscrit au martyrologe et passera ainsi à l'histoire des victimes de la bêtise déshumanisante des terriens parmi les plus tarés, les militaristes, ces putschistes extrémistes qui disent combattre le terrorisme ... ... ...

Je sympathise avec les siens, avec ses parents et amis, avec tous les pakistanais qui sont endeuillés et je me joins à tous ceux et celles qui l'aimaient et qui l'aimeront pour toujours. Je ne doute aucunement que Bénazir Bhutto repose en paix. Ce dont je doute, par contre, c'est que le «Pakistan nourricier des Talibans de l'Afghanistan, ces intégristes tueurs à gage qui criblent les forces de la paix», que ce Pakistan de l'après Bhutto, puisse vivre en paix, aux lendemains de l'assassinat commandé de la plus charismatique des leurs, cette étoile qui brillait très haut, dans le firmament de tous les espoirs et qui était sur le point de rassembler les «mages» d'une démocratie pakistanaise transfrontalière, maintenant reportée aux calendres grecques.

Gerry Pagé
Ville de Québec

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