Vos réactions
Comme un coup de poignard dans le dos!
- Mais non, Maxence, tu dois faire erreur, voyons, ils n'ont pas pu tuer Benazir! Voyons!
J'ouvre Cyberpresse... Eh! Oui! Ils ont bien tué Mme Bhutto!
Ce fut comme un coup de poignard au dos! L'espoir d'une meilleure justice au Pakistan venait de s'éteindre.
Ils ont tué Benazir Bhutto.
Une grande tristesse m'a envahi, comme une vague de désespoir. Je voyais déjà les manchettes:
« Al Qaïda est probablement responsable! »
« Ce sont les islamistes! »
« Bush condamne l'attentat! »
« Musharraf dit vouloir trouver les coupables! »
La CIA va faire en sorte que Al Qaïda va revendiquer l'attentat.
On va nous sortir une cassette de Ben Laden le confirmant.
Toutes des cassettes et des déclarations certifiées par les services secrets US.
Ben Laden est toujours là pour donner un bon coup de pouce au politique US.
Mais pour moi, toutes ces manchettes, tous ces gros titres, ne sont que mascarade.
Ce sera encore un grand moment de manipulation de l'opinion publique.
La réalité... quelle est-elle?
La réalité est bien plus difficile à lire qu'un gros titre totalement spéculatif et, surtout, manipulateur.
La réalité n'est pas facile à percevoir.
Chose sûre: Mme Bhutto vient de payer de sa vie sa courageuse démarche politique.
Chose sûre: Mme Bhutto était de la classe très aisée et elle menait une vie tranquille confortable et sécuritaire, à Dubaï.
Chose sûre: En revenant au Pakistan et surtout en se mettant sur la ligne de front politique, elle risquait sa vie. Elle en était bien consciente et c'est pourquoi, elle avait toute mon admiration.
On a eu beau la dénigrer, comme à chaque fois qu'un personnage politique charismatique peut venir mêler les cartes de ceux qui manipulent la politique internationale, on les dénigre.
Chicane familiale, accusation d'assassinats interposés, accusation de détournement de fonds, de blanchiment d'argent, mettez-en! Des diffamations à profusion!
Cependant, la réalité était éloquente: à son retour, une forte majorité des Pakistanais et des Pakistanaises, sont descendus dans les rues pour l'accueillir et pour l'acclamer. On pouvait la calomnier, la diffamer, on ne pouvait pas masquer cette horde de supporters!
Benazir Bhutto était charismatique, elle représentait l'espoir. L'espoir d'un pays plus juste, l'espoir d'une vraie démocratie, l'espoir d'un gouvernement honnête. L'Espoir!
C'est tout de même incroyable et surtout scandaleux, cette manipulation médiatique qui nous pousse à considérer le Pakistan comme une "démocratie".
LE PAKISTAN EST UNE DICTATURE!
MUSHARAFF EST UN DICTATEUR!
Oui, j'affirme, avec beaucoup de preuves à l'appui, que Pervez Musharraf est un dictateur.
J'irais jusqu'à affirmer, que Musharraf a lui-même commandé l'assassinat de sa principale adversaire politique, Mme Benazir Bhutto.
De plus, il est clairement établi que Pervez Musharraf est le principal et le meilleur allier de la Maison Blanche au Moyen-Orient, donc... on peut conclure, que l'assassinat de Mme Bhutto, malgré les déclarations offusquées et larmoyantes de M. Bush, il n'en demeure pas moins, que celui-ci, a probablement un petit coin de son grand coeur qui se réjouit de cette disparition, inattendu pour la planète, mais, sans doute, prévu par les principales agences de renseignements qui travaillent main dans la main, comme l'ISI pakistanaise et la CIA états-unienne.
La manipulation médiatique est devenue grossière.
Il y a au Pakistan une des pires dictatures du Moyen-Orient. On persiste à ne pas la dénoncer, on va même jusqu'à la promouvoir.
Musharraf a pris le pouvoir par un coup d'État et on s'empresse d'ajouter presqu'en caractères gras: «sans effusion de sang»! Comme si ce coup d'État était un acte démocratique!
On justifie la loi martiale de Musharraf en disant que c'est pour contrer le terrorisme!
Ah! Ce terrorisme combien utile!
Il emprisonne, il massacre des manifestants, il assassine, il bâillonne les médias, il contrôle tout et on persiste à nous le présenter comme étant un personnage respectueux de la démocratie et des droits humains, ce qui est totalement faux.
Musharraf est un dictateur corrompu à l'os.
Il n'a pas besoin d'uniforme pour contrôler l'armée. Il lui suffit d'avoir quelques bonnes liasses de billets verts. La corruption, le meilleur outil des dictatures et des puissances étrangères voulant contrôler un pays.
Pendant que l'assassinat de Mme Bhutto se préparait, Pervez fraternisait avec Karzaï. Deux personnages les plus corrompus de la région. Décontractés, sourires complices, ils déclaraient à l'unisson, leur volonté de combattre le terrorisme! Ah! Ce terrorisme combien utile!
Dans les jours qui vont suivre, ce sera l'unisson médiatique de condamnation de l'attentat et surtout de l'accusation d'Al Qaïda et des réseaux islamistes!
On présentera Musharraf comme le respectable président offusqué et bien déterminé à trouver et punir les coupables.
Mais à qui donc profite le plus cet assassinat?
Qui donc représentait la plus grande menace à la dictature pakistanaise?
Des élections sans candidat d'opposition sont plus faciles à remporter!
Et de toute façon, on ne peut tenir d'élections dans un pays où le terrorisme est trop actif.
Ah! Pauvre Musharraf, il devra, avec regret, avec un énorme regret, annuler les élections.
Il lui reste à éliminer Nawaz Sharif, cette autre menace. Moins charismatique, mais qui peut saisir la situation et mener le peuple à la révolte.
La guerre civile va s'installer au Pakistan. La répression sera sanglante. Une fois de plus, le désespoir va pousser à la violence et aux attentats suicides.
Quel bourbier, quel merdier, ce Moyen-Orient!
Tout ça pour parce qu'une grande puissance veut, coûte que coûte, contrôler cette région avec la corruption, la dictature et les armes.
On nous parle de démocratie et de droits humains... ces mots me font vomir!
Serge Charbonneau
Québec
