Les Zapartistes ouvrent la porte à 2008

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Jean-François Nadeau
Édition du vendredi 28 décembre 2007

Mots clés : Christian Vanasse, François Parenteau, Zapartistes, Spectacle, Montréal

Le désopilant François Parenteau

Photo: Pedro Ruiz

Sur la scène du Métropolis, les Zapartistes livrent depuis hier soir leur exercice de style annuel devant un public plié en quatre. Leur revue de l'année 2007 est bien menée, malgré la rapidité à laquelle un spectacle pareil doit forcément être conçu. L'humour en pointes sèches frappe tantôt à gauche, tantôt à droite, rosse volontiers Jean Charest, les raëliens, les magnats de l'industrie pétrolière et bien d'autres, tout en rappelant de belle façon, une fois de plus, qu'il est possible d'être drôle sans forcément avoir en bouche des pâquerettes à la place des dents. Ici, la critique sociopolitique est à l'honneur et l'humour a du mordant. Beaucoup.

La forme d'humour condensé à l'extrême que pratiquent les Zapartistes dans certains numéros est digne de grandes caricatures. Le débat des chefs, lors de la dernière élection, tient ainsi en quelques coups de gueule. Pourtant, tout est là, jusque dans la démesure de l'absurde.

On reconnaît aussi, à travers les imitations très maîtrisées de François Parenteau et de Christian Vanasse, l'essence même d'un Stephen Harper, sorte de bonhomme Playmobil figé sous un casque de mobylette, ou encore d'un Mario Dumont, véritable marionnette dégingandée plus vraie que vraie, ou encore d'André Boisclair, maître absolu de la langue de bois. Dans la première partie, l'ex-chef du PQ quitte soudain son personnage pour se transfigurer en un orateur puissant et digne qui en appelle à la nécessité des discours vrais et sentis. On ne peut songer, en l'entendant, qu'au Charlie Chaplin professeur de bonté et de générosité qui coiffe le grand film qu'est Le Dictateur.

Comme toujours, les Zapartistes utilisent la formule du bulletin de nouvelles pour marquer des pauses entre divers numéros. Cette usine à flèches satiriques permet de toucher des cibles diverses. «Lise Watier est rachetée par une firme ontarienne. Mais pour l'instant, aucune entreprise ontarienne n'a offert quelque chose pour Monique Jérôme-Forget...»

Une Pauline Marois suffisante à souhait et interprétée avec brio par Brigitte Poupart. En deuxième partie, on retrouve Madame Marois assassinée sur un air de Jacques Brel: «Madame est au PQ par la social-démocratie; Madame a le coeur à gauche mais pas le porte-feuille aussi.»

Beaucoup de chanson en fait dans ce spectacle. Nicolas Sarkozy chante son omniprésence médiatique sur un air de Johny Hollyday, Passe-Partout sert de trame de fond à Québec-Solidaire, l'Expo 67 est revu et corrigé avec un «C'est le début d'un temps pourri, l'ère d'un temps où les riches ne paient plus d'impôt». François Patenaude, Brigitte Poupart, François Parenteau et Christian Vanasse sont par moment inégal en chanson et en voix, mais l'effet demeure, règle général, euphorisant.

Dans les nominations pour les morts de l'année, il faut noter Fidel Castro, dont le décès a été anticipé pour une troisième fois par les Zapartistes, ce qui fait leurs fait conclure que «le système de santé public peut après tout avoir des avantages»!

Partisans très souvent, courtisans jamais, les Zapartistes font la vie dure au monde politique mais pourraient sans doute traiter davantage encore de questions sociales. On est très loin des débuts du groupe au théâtre-spectacle L'Aparté, bien qu'il demeure de cette époque un côté brouillon parfois quelque peu agaçant. On se demande bien, entre autres choses, comment des comédiens professionnels aussi doués s'avèrent toujours incapables d'abandonner tout à fait leurs lutrins et leurs textes. Pour cette revue de l'année haute en couleur, notons finalement que les Zapartistes sont appuyés par un solide trio de musiciens avec à leur tête Eric Desranleau, du groupe Mes Aïeux. Le succès est tel qu'une supplémentaire a été ajoutée le 3 janvier.


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Wow ! - par Jacques Francis
Le vendredi 28 décembre 2007 09:00

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