L'assassinat de Bhutto fait bondir le huard
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Photo: Le Devoir
Le prix du baril de pétrole léger non sulfuré pour livraison en février a avancé de 65 cents US, à 96,62 $ US, jeudi, à la NYMEX, bourse de commerce de New York.
De plus, la Banque du Canada a injecté quelque 700 millions $ sur les marchés financiers jeudi, une intervention à laquelle elle procède périodiquement depuis le début de la crise sur les marchés du crédit en août.
L'assassinat de Mme Bhutto au Pakistan, plus tôt en journée, a soulevé des préoccupations quant à la stabilité du Moyen-Orient, région riche en pétrole. Bien que le Pakistan ne soit pas un pays producteur de pétrole, il a soutenu de façon officielle les États-Unis face au réseau terroriste al-Qaïda et il constitue un allié stratégique des Américains en ce qui concerne les efforts menés par ces derniers afin de maintenir les approvisionnements pétroliers en provenance du golfe Persique.
Néanmoins, le présent régime pakistanais, avec à sa tête le président Pervez Moucharraf, est soumis aux pressions exercées par différentes factions pakistanaises, et l'assassinat de Mme Bhutto a pour effet d'accentuer l'instabilité politique dans la région.
«Il va être difficile pour le marché de saisir quel impact [la mort de Mme] Bhutto aura sur le marché d'ici à ce qu'il retrouve toute sa vigueur», a affirmé Steve Butler, directeur du commerce des devises chez Scotia Capitaux.
Une annonce des autorités américaines a également joué en faveur hier d'une augmentation des prix du pétrole entraînant, par le fait même, l'appréciation du dollar canadien.
Le département américain de l'Énergie a fait savoir, lors de son annonce hebdomadaire sur l'état des stocks, que les inventaires de pétrole avaient baissé la semaine dernière de 3,3 millions de barils, soit plus du double que le chiffre de 1,3 million de barils auquel s'attendaient les analystes approchés par Dow Jones Newswires.
Wall Street accuse le coup
Les places boursières américaines ont, elles aussi, plutôt mal réagi, hier, à l'annonce de la mort de l'ancienne première ministre du Pakistan. La Bourse de New York a clôturé en nette baisse, le Dow Jones reculant de 1,42% et le Nasdaq de 1,75%.
Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a reculé de 192,08 points à 13 359,61 points, et l'indice Nasdaq, à forte composante technologique, de 47,62 points à 2676,79 points, selon les chiffres définitifs de clôture. L'indice élargi S&P 500 a cédé 21,39 points à 1476,27 points (-1,43 %).
«L'assassinat de Benazir Bhutto est à l'origine de ce mouvement de baisse», a expliqué Peter Cardillo, analyste chez Avalon Partners. Sa mort fait redouter aux investisseurs une déstabilisation de la région, qui «risque de favoriser la flambée des prix du pétrole, et par ricochet l'inflation, ce qui pourrait dissuader la Fed [Réserve fédérale américaine] de baisser davantage ses taux», a souligné Marc Pado (Cantor Fitzgerald).
Or Wall Street compte sur une réduction des taux d'intérêt pour faire face au durcissement des conditions d'octroi du crédit et au ralentissement de la croissance américaine.
Le front macroéconomique a en outre révélé des indices en deçà des attentes: les commandes de biens durables ont progressé seulement de 0,1 % en novembre, contre +2,2 % prévu, et les demandes hebdomadaires d'allocations chômage sont montées à 349 000, contre 340 000 attendues.
«Ces chiffres confirment que l'économie est en train de ralentir», a commenté Mace Blicksilver (MarbleHead Asset Management).
En revanche, l'indice mesurant la confiance des consommateurs a mis fin, en décembre, à quatre mois de baisse, tempérant quelque peu les doutes sur la santé de la consommation, premier moteur de la croissance, selon Briefing.com.
Le marché obligataire a profité de ces incertitudes des actions. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé à 4,199 %, contre 4,228 % mercredi, et celui à 30 ans à 4,614 %, contre 4,632 % la veille.

