L'Arche de Zoé - Les condamnés attendent leur transfert en France
Mots clés : Arche de Zoé, Justice, France (pays), Tchad (pays)
N'Djamena -- La procédure de transfèrement en France des six membres de L'Arche de Zoé, condamnés sans distinction de peine au Tchad à huit ans de travaux forcés, s'est accélérée hier soir, le Tchad ayant annoncé avoir reçu la demande officielle de Paris et y répondre favorablement.
Interrogé sur un possible départ dès aujourd'hui pour la France, le ministre tchadien a répondu: «Je ne l'exclus pas "a priori", mais l'organisation matérielle est à la charge de la France et je n'ai pas d'information là-dessus pour l'instant.»
Les avocats français des six membres de l'association L'Arche de Zoé, condamnés par la Cour criminelle de N'Djamena pour avoir tenté d'emmener en France 103 enfants depuis l'est du Tchad, ont estimé que leur transfèrement pourrait avoir lieu «dans les jours à venir». Le rapatriement des six Français pourrait se faire «très rapidement», ont indiqué de leur côté des sources diplomatiques à N'Djamena.
Les prisonniers devront être escortés par des policiers ou des gendarmes français, des gendarmes tchadiens, mais aussi par des avocats des parties civiles tchadiennes et probablement par un représentant des familles des enfants «pour vérifier que les condamnés sont bien incarcérés une fois arrivés en France», a précisé le ministre tchadien.
S'ils reviennent en France, les six Français devront être présentés au procureur de leur lieu d'arrivée, puis au tribunal correctionnel qui décidera par quelle peine substituer les huit ans de travaux forcés, qui n'existent plus en droit français. Cela pourrait être huit ans d'emprisonnement, a fait valoir hier une source judiciaire française.
Leurs familles ont été reçues hier soir à la présidence française où leur ont été confirmées les démarches pour le transfèrement.
Au terme d'une instruction bouclée en six semaines et de quatre jours de procès express devant la Cour criminelle de N'Djamena, les six membres de L'Arche de Zoé, menés par Éric Breteau, ont tous été condamnés à huit ans de prison assortis de travaux forcés pour «tentative d'enlèvement d'enfants».
Le procès, souvent chaotique et mené tambour battant, n'a pas permis de déterminer toutes les responsabilités de cette affaire hors norme et notamment celles des gouvernements français et tchadien.
Éric Breteau, qui n'a esquissé des regrets qu'à la fin des débats, a affirmé que Paris et N'Djamena connaissaient ses intentions bien avant le 25 octobre. Il avait annoncé dès le mois de juin son projet d'évacuation d'orphelins du Darfour quel que soit l'avis des autorités des pays concernés.
L'accusation et les parties civiles ont fait de cet homme de 37 ans, toujours sûr de lui, leur cible privilégiée, négligeant d'évaluer les responsabilités des cinq autres bénévoles de l'association, qui ont écopé d'une peine aussi lourde.

