L'enjeu principal en Iowa - Détrôner Hillary et tester Huckabee
Mots clés : démocrates, Mike Huckabee, Hillary Clinton, Parti politique, Élection, États-Unis (pays)

Photo: Agence Reuters
«Je ne me suis pas lancé dans la campagne présidentielle pour assouvir une ambition ancienne, ou parce que c'était d'une certaine façon mon dû», a-t-il lancé à Des Moines, capitale de l'Iowa.
«Le vrai pari risqué dans cette élection, c'est de jouer le même jeu "washingtonien", avec les mêmes joueurs, et d'espérer un résultat différent -- c'est un risque que nous ne pouvons pas prendre», a encore lancé M. Obama, dans une référence transparente à l'«expérience» dont se targue Mme Clinton, première dame pendant huit ans, puis sénatrice depuis sept ans. L'entourage de Clinton fait valoir que voter Obama reviendrait à jouer aux dés.
Le discours de M. Obama était d'autant plus vigoureux qu'il entend rester la meilleure solution de rechange à Hillary Clinton, alors que, plus discrètement, le troisième homme de la course, l'ex-candidat à la vice-présidence John Edwards, le menace de plus en plus.
Dans le sondage ARG, M. Edwards devance M. Obama avec 20 % des intentions de vote. Hier, cet avocat des petits contre les nantis s'est lancé dans une tournée de huit jours en autobus en Iowa, tandis que son équipe diffusait deux nouveaux vidéoclips pour marquer sa différence: oui au «changement», pour se démarquer de Mme Clinton, mais allant au-delà des «bonnes intentions» pour se différencier de la politique de «l'espoir» prônée par M. Obama.
«Voilà quel est le choix: garder les choses telles qu'elles sont avec la classe moyenne prise à la gorge, ou dire la vérité: que le "statu quo" et les bonnes intentions ne suffisent pas», déclame M. Edwards.
Les républicains
Côté républicain, l'enjeu du scrutin du 3 janvier se résume à une question: l'ex-gouverneur baptiste de l'Arkansas Mike Huckabee va-t-il confirmer dans les assemblées électorales sa récente et spectaculaire percée dans les sondages?
Le sondage d'ARG a resserré de manière frappante l'écart entre M. Huckabee et l'ex-gouverneur du Massachusetts Mitt Romney (23 % contre 21 %), alors qu'il y a deux semaines ce brillant homme d'affaires mormon semblait promis à une défaite sans appel.
C'est comme si les attaques sans relâche de M. Romney, et d'une partie de la presse, finissaient par briser l'élan du pasteur baptiste, dont les convictions évangéliques et la répartie rapide ont fait mouche dans l'électorat républicain de l'Iowa.
Mercredi, lors d'une partie de chasse en compagnie de journalistes, M. Huckabee s'était présenté comme le candidat de l'authenticité et de la crédibilité.
M. Romney, lui, a choisi de passer sa journée d'hier loin de l'Iowa, dans le New Hampshire, qui votera le 8 janvier: autrefois dominant dans cet État proche de son fief bostonien, il y est désormais de plus en plus menacé par l'influent sénateur John McCain.
Collectionnant les soutiens d'éditorialistes locaux, M. McCain, dont la campagne plombée par la guerre en Irak avait semblé moribonde à l'été, a en effet amorcé une spectaculaire remontée qui lui permet de talonner M. Romney

