Mots clés : serbes, OTAN, Serbie (pays), Slovénie (pays)
Ljubljana -- La menace serbe de tourner le dos à l'Union européenne est davantage une manoeuvre électoraliste que l'expression d'une volonté politique, a déclaré hier le président slovène, qui s'apprête à prendre la présidence de l'UE le 1er janvier.
«Personne n'est contraint de devenir membre», a fait remarquer Dimitrij Rupel, le ministre slovène des Affaires étrangères, ajoutant que les Serbes devraient plutôt se demander «comment un pays entouré de membres de l'Union européenne pourrait survivre sans en être lui-même membre». Mercredi, le Parlement serbe, qui craint que le Kosovo, soutenu dans sa démarche par les Occidentaux, ne proclame son indépendance, a fait savoir qu'il pourrait voter une résolution bloquant l'entrée de Belgrade non seulement dans l'UE mais également dans l'OTAN. Cibles de frappes aériennes de l'OTAN au printemps 1998, Belgrade et sa population restent assez rétifs à l'atlantisme et la critique de l'Alliance est un sujet politiquement porteur. Hier, Bruxelles a minimisé la portée de la menace brandie par la Serbie. «Notre position reste inchangée. La Serbie a un avenir européen, comme tous les autres États des Balkans. Cette question ne doit pas être liée au Kosovo», a déclaré un porte-parole de l'UE. L'OTAN a de son côté fait savoir que s'il existait des accords a minima avec Belgrade, il n'y avait, en tout état de cause, aucun projet d'intégration de la Serbie à l'Alliance atlantique. Aucune demande d'adhésion n'a d'ailleurs été déposée.