Le grand cabaret des vaches
Mots clés : Périscope, Bitch Club Paradise, Show d’Vaches, Spectacle, Théâtre, Québec (ville)
Show d'Vaches est de retour pour une troisième et dernière année

À la source du projet, il y avait quatre comédiennes qui s'inquiétaient du manque de rôles intéressants pour les femmes dans le répertoire théâtral. Plutôt que de se laisser abattre par le constat, Véronique Côté, Érika Gagnon, Annie Larochelle et Myriam Leblanc ont fédéré leurs énergies pour concevoir les Productions Chacun cherche sa chatte. Rapidement, elles se sont entourées d'une quinzaine de comédiennes et musiciennes ainsi que d'une solide équipe de conception pour créer un espace artistique entièrement féminin.
De périodes d'improvisation en séances d'écriture, l'équipe a peu à peu construit les différents morceaux du cabaret. «On voulait toucher des thèmes féminins, mais on n'avait aucune envie de faire un spectacle pamphlétaire, explique la comédienne Érika Gagnon. On a pourtant l'impression que le fait de proposer un spectacle avec seulement des femmes en réaction au manque de rôles est en soi une prise de position, un acte politique... »
«C'est vrai que c'est une parole de femmes, poursuit la metteur en scène Véronique Côté. On le voulait comme tel. Mais la nuance est dans le fait que ce n'est pas un spectacle de demandes. On ne revendique pas! C'est plutôt un portrait témoin d'une certaine réalité... On ne voulait surtout pas faire de concessions artistiques pour défendre une thèse sur la condition féminine. Il y a beaucoup de paradoxes et d'humour dans le show, et c'est très bien comme ça!»
Nouvelle mouture
Après que le manque de ressources les eut forcées à présenter la même version du spectacle deux années de suite, les productrices ont finalement été chanceuses à la grande loterie des subventions. Avec quelques dollars en poche, elles ont pu réunir les auteures (Anne-Marie Olivier, Fanny Britt et Isabelle Hubert), les comédiennes, les musiciennes (dirigées par Andrée Bilodeau, alias la reine du mambo) et les conceptrices afin de retourner à la planche à dessin.
Résultat: elles reviennent cette année avec 40 % de nouveau matériel. Votre humble serviteur n'a pas encore vu cette «remouture» présentée depuis le 20 décembre (il s'offre le luxe d'assister à la dernière représentation) mais, déjà, la machine à rumeurs (qui fonctionne toujours à plein régime à Québec) parle d'une version plus mûre, plus achevée, plus percutante -- peut-être même plus grave -- du cabaret.
Parmi les nouveautés, les Vaches ont décidé d'enfreindre certaines de leurs règles historiques.
Pressées de demandes de la part d'hommes jaloux de l'aventure, elles ont finalement décidé de leur faire un peu de place dans leur territoire féminin. À chaque spectacle, elles ouvrent ainsi la barrière de leur pré à un représentant mâle de l'espèce. L'heureux (?) élu aura carte blanche pour tenter de se tirer d'affaire.
Déjà, Frédéric Lebrasseur, Patrick Brown, Bertrand Alain, Renaud Paradis et Stéphane Caron se sont prêtés au jeu. D'ici dimanche, on pourra voir comment Hugues Frenette, Christian Michaud, Stéphan Allard ainsi que Ouellet & Ouellette, pièces & accessoires pourront se dépêtrer de la situation délicate dans laquelle ils se sont volontairement plongés.
Adieu Québec!
En bonnes divas, les Vaches ont choisi de se retirer au sommet de la gloire. Début novembre, elles ont organisé une conférence de presse -- tenue dans rien de moins que le bain-tourbillon de la suite présidentielle du Château Laurier, tarte tatin, verre de lait et musique de chambre en prime -- afin d'expliquer les raisons de ce départ. Pour elles, «il était inconcevable de devenir une tradition du temps des Fêtes». On peut les apprécier, les désirer, mais il est hors de question de les considérer acquises.
D'ailleurs, si on veut avoir le bonheur de les rencontrer, il vaut mieux se dépêcher: au moment de mettre sous presse, plusieurs représentations affichaient déjà complet.
- Show d'Vaches au Bitch Club Paradise. Adieu Québec: le cabaret de la dernière chance! Ce soir, demain et dimanche à 21h. Supplémentaire demain à 16h. Au théâtre Périscope. Réservations: 418 529-2183
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Collaborateur du Devoir
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