Mes vignerons 2007
Mots clés : Moillard, Pinot Noir 2005, viticulteur, Alcool, France (pays), Québec (province)

Chapeau aussi à Jean-Claude Boisset, au Château de Pierreux, qui a eu l'intelligence de déléguer au jeune Grégory Patriat l'impressionnante gamme Jean-Claude Boisset (Savigny, Nuits-St-Georges, Côte de Beaune, etc.), dont on devrait entendre parler au Québec. Ce Patriat a une touche qui me plaît bien et, surtout, il a toute la latitude voulue. À surveiller, donc. Difficile aussi d'oublier Jacques Grange, chez Delas, où il est entouré d'une équipe formidable. Je l'avais rencontré près de Tournon, dans le Rhône septentrional, alors qu'il entrait en fonction à titre d'oenologue en 1998. La maison nouvellement achetée par Deutz avait une sérieuse côte à remonter, et c'est en grande partie grâce à ce talentueux bosseur qu'elle a aujourd'hui de quoi intéresser les amateurs les plus exigeants.
J'ai croisé ma vigneronne de l'année au Château Brane Cantenac en appellation Margaux devant un verre de Barsac, soit le Château Climens 1976, dont Bérénice Lurton-Thomas est l'exquise managing director. Elle possède à la fois le caractère affirmé et la touche subtile du cru, une rigueur dans l'exécution (aidée de son directeur technique, Frédéric Nivelle) qui ne se dément pas et, surtout, un coeur d'or qu'elle met dans chacune des bouteilles de Climens, quel que soit le millésime. Cette femme sait ce qu'elle a entre les doigts et en tire le meilleur. Le cru n'a d'ailleurs jamais été aussi bon! Le 2007 se présente au-delà de ses espérances, paraît-il. À suivre, donc.
Je ne voudrais pas non plus oublier le très dynamique Stéphane Tissot et ses grands vins d'Arbois, Bernard Hervet et Patrick Léon, deux conseillers hors pair agissant dans le premier cas chez Faiveley et dans le second pour les Lorgeril au Château de Pennautier en Languedoc, Guillaume Halley qui, avec sa famille, redore depuis quelques années le lustre du Château La Dauphine à Fronsac, le grand Gérard Gauby, qui tire des cuvées parfaitement maîtrisées dans le Roussillon, et Francis Egly, dont les champagnes (Egly-Ouriet) sont de véritables perles pour amateurs qui ne «s'embullent» pas à la légère. Espérons seulement leur venue au Québec en 2008, et pas seulement en importation privée!
Enfin, je salue ces nouvelles petites agences de vins (Vin-ovation, Înophilia, Înopole, etc.) qui ont vu le jour au Québec dans un contexte de monopole pas toujours facile à gérer et dont la perspicacité à vouloir nous offrir du beau vin d'artisan me les rend immédiatement sympathiques. Longue vie!
En attendant, en vrac, quelques vins pour voir venir, avec mes souhaits d'ivresse brillante et toujours judicieusement appropriée pour le millésime 2008 qui s'annonce.
- Bulles: Crémant du Jura Brut 2004, Rollet (21,80 $, n° 10653380), fin et persuasif, Champagne Paul Goerg 2002 (48,25 $, n° 439190), d'excellente tenue, et Roederer Brut Premier (64 $, n° 268771), pour le repas et même après.
- Blanc: Vouvray Clos de la Bretonnière 2005, Domaine de la Taille aux Loups (27,70 $, n° 10516377), une signature d'artiste pour un vin sec subtil et vibrant, et Chardonnay Clos du Val 2004 (24,85 $, n° 10754113), au fruité pur et courtoisement boisé.
- Rouge: Beaune 1er Cru Les Épenottes 2003, du Domaine Parent (35,75 $, n° 10376458), au fruité pur, homogène, idéalement structuré, bref, royal sur la volaille!
- Porto: Quinta do Noval Colheita 1986 (39,50 $, n° 10658455), au bouquet large, puissant, et à la bouche grasse, vigoureuse, aux goûts fondus d'épices et de pacane au beurre...
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La vinterrogation de la semaine
«Bonjour, J'avais acheté beaucoup de bordeaux à l'époque dans le millésime 1983. Sont-ils prêts à boire?»
Paul Laplante, Sorel
Le temps file et, comme disait le grand manipulateur de sablier, mieux vaut boire son vin plus jeune que trop vieux! À l'exception des grands liquoreux (Climens, Coutet, d'Yquem, etc.) et d'une poignée de grands crus (Palmer, Figeac, Vieux Château Certan, etc.), les vins ont livré le meilleur d'eux-mêmes. Je vous recommande l'achat de l'ouvrage très bien documenté de l'oenologue bordelais Franck Dubourdieu, Les Grands Bordeaux de 1899 à nos jours (Éditions Mollat, www.mollat.com ou edit-mollat@mollat.com), pour vous éviter les mauvaises surprises. Mon conseil? Buvez! Vos copains seront heureux.
Posez vos questions sur: www.jeanaubry.typepad.com/ledevoir
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Les sélections de la semaine
La belle affaire - Tokaji Furmint 2006
Pajzos & Megyer, Hongrie, 12,90 $, n° 860668
C'est autre chose que du chardonnay ou du pinot grigio, bien qu'il partage la rondeur du premier et la gouaille du second. Ce furmint se parfume à la manière du viognier avec, en bouche, une touche perlante qui allège la vinosité de l'ensemble pour mieux relancer le fruité. Un blanc original et polyvalent à glisser entre toutes les dents. **1/2, 1.
Douces folies
Ce Château Les Roques 2002, Loupiac (32 $, n° 895425), déroule son velours d'or avec pondération mais avec style, sans sucrosité excessive, sur la mousse de foie de volaille comme sur l'Ermite persillé de Saint-Benoît-du-Lac (***, 2) alors que le Maury 2005 du Domaine Pouderoux (24,55 $, n° 10811018) gagnera le coeur des fous de chocolat par sa texture lisse et fraîche. ***1/2, 3.
La primeur en blanc - Tohu 2006
Unoaked Marlborough Chardonnay, Nouvelle-Zélande, 20,25 $, n° 10826121
Avec son collègue sauvignon 2006 (20,25 $, n° 10826156), lui aussi recommandable, voici une nouvelle génération de blancs secs modernes, savoureux et au fruité bien calibré. Pas complexes mais toujours agencés pour faire saliver le buveur avec cette espèce de sapidité liée à une touche vive d'agrume. Salade d'avocat et d'orange? ***, 1.
La primeur en rouge - Juan Gil Monastrell do Jumilla 2004
Espagne, 22,25 $, n° 10758325
Attention les mâchoires, car on ne fait pas dans la dentelle ici. Le mourvèdre coule de solides fondations sur lesquelles s'échafaude un registre large, puissant et condensé de fruit, le tout balisé d'un boisé fort bien justifié. Le type de vin que ne boudera certes pas votre ragoût de pattes de cochon! ***1/2, 2, ©.
Les vins plaisirs - Duque de Viseu 2004
Dao, Sogrape, 14,95 $, n° 546309
Ce rouge sec vivant et tenace interpelle immédiatement par ses saveurs corsées où alternent le noyau de cerise et une exquise trame minérale. Beaucoup de vin et d'aventure ici, à très bon prix! (***, 1.) Gagnez en ampleur et en profondeur avec le Douro Reserva 2002 de la même maison (20,85 $, n° 335208) pour les conversations qui s'étirent après la tourtière. ***1/2, 2, ©.
- Potentiel de vieillissement du vin: 1: moins de cinq ans; 2: entre six et dix ans; 3: dix ans et plus.
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Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $.
Vos réactions
les vin 2007 - par CARMYN GIRARD (carmyng@netc.net)
Le vendredi 28 décembre 2007 10:00

