Personnalité de l'année de la Presse canadienne - Les agents de la GRC ont volé la vedette
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La police fédérale a souvent perdu pied en 2007

Photo: Agence Reuters
Les répondants au sondage ont cité diverses raisons pour justifier leur sélection, mais le rédacteur en chef du Halifax Daily News, Jack Romanelli, a bien résumé la situation: «La GRC a dominé les nouvelles canadiennes cette année.»
Plusieurs histoires concernant la Gendarmerie royale ont ébranlé l'image traditionnelle, en tant que symbole national, du corps policier établi il y a 134 ans.
Il y a eu les retombées constantes de l'affaire Maher Arar, un examen approfondi dans le cadre de la commission d'enquête sur l'attentat contre un avion d'Air India en 1985, la clameur entourant la mort de l'immigrant polonais Robert Dzierkanski à la suite d'une intervention avec un pistolet Taser, et le deuil qui a suivi la mort de deux jeunes gendarmes abattus alors qu'ils patrouillaient en solitaires dans le nord du pays.
Il y a aussi eu la nomination d'un premier civil, le fonctionnaire de carrière William Elliott, à la tête de la GRC, et des recommandations pour une refonte majeure de l'administration de la force policière à la suite d'un scandale concernant le fonds de pension. La somme de tous ces événements a mené à une crise de confiance du public envers la GRC.
«La société canadienne a changé, a noté Paul Kennedy, président de la Commission des plaintes du public contre la GRC. Le gros problème maintenant est de réussir à maintenir la confiance du public envers les grandes institutions.»
La plupart des gens ont toujours fait confiance à la police montée sans trop poser de questions, a-t-il dit, mais maintenant, «cette position générale n'est plus aussi évidente».
M. Kennedy a toutefois ajouté que, peu importe les erreurs passées de la force, il n'est pas trop tard pour corriger le tir -- notamment si on prend en compte l'indulgence dont plusieurs personnes font preuve à l'égard de la GRC.
Cette notion est illustrée par Joanne McKenzie, directrice de l'information de la station de radio CJCD de Yellowknife et une des répondantes au sondage.
Elle a remarqué le sentiment de perte et le deuil collectif qui ont suivi les morts des agents Christopher Worden et Douglas Scott dans deux incidents séparés dans le nord du pays.
«Il est temps que notre pays se rende compte de ce que font ces policiers et de la manière dont ils aident à unir ces collectivités, a-t-elle soutenu. Notre sentiment de perte devrait être un signal au reste du pays pour démontrer la valeur de notre force policière reconnue et respectée à travers le monde.»
Les agents Worden et Scott ont été abattus alors qu'ils répondaient en solitaires à des incidents impliquant des résidants locaux.
La GRC a, par la suite, établi une nouvelle politique pour s'assurer que des renforts soient disponibles dans le futur, mais on ne sait toujours pas comment elle pourra être appliquée, le manque de personnel étant un problème récurrent dans les régions éloignées.
Il s'agit de la deuxième année consécutive où les répondants au sondage désignent un groupe plutôt qu'un individu comme Personnalité de l'année. En 2006, ils avaient choisi les soldats canadiens en Afghanistan.
Un tel choix a été fait une seule autre fois au cours des 61 ans d'existence du sondage: en 1992, les répondants avaient opté pour le référendum sur l'accord constitutionnel de Charlottetown.
Les agents de la GRC ont obtenu 37 votes cette année, devançant Conrad Black, qui a obtenu 27 votes, et Stephen Harper, qui en a obtenu 15. D'autres choix populaires ont été Robert Dzierkanski, l'immigrant polonais mort après avoir reçu une décharge d'un pistolet Taser, avec 14 votes, le meurtrier en série Robert Pickton, avec huit votes, et Maher Arar, aussi avec huit votes. Karlheinz Schreiber, Brian Mulroney et Rick Hillier ont reçu cinq votes chacun, alors que le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, en a obtenu quatre.
Maher Arar a obtenu 10 millions de dollars en compensation du gouvernement fédéral après qu'une enquête publique eut démontré qu'il avait été identifié à tort comme un terroriste membre du réseau al-Qaïda par la GRC -- une information qui a ensuite été utilisée par les autorités américaines pour le déporter en Syrie où il a été torturé.
Le tumulte qui a suivi a forcé le départ de Giuliano Zaccardelli, le commissaire de la GRC, à la fin de l'année dernière et a mené à la nomination du civil William Elliott au milieu de l'année.
Une nouvelle enquête sur l'explosion d'un avion d'Air India en 1985 a ramené à l'ordre du jour, de façon très détaillée, les erreurs commises par la GRC et le Service canadien du renseignement de sécurité dans leurs enquêtes sur un attentat terroriste qui a coûté la vie à 329 personnes, mais n'ont mené qu'à une seule condamnation au criminel en 22 ans.
M. Zaccardelli a aussi dû essuyer les critiques d'un avocat de Toronto, David Brown, qui, dans un rapport, a soutenu que la manière autocratique d'administrer de l'ancien commissaire avait aggravé la controverse entourant la mauvaise gestion du fonds de pension de la GRC.
Dans un deuxième rapport plus général, M. Brown a recommandé d'établir un nouveau conseil de gestion civil pour la GRC et une nouvelle commission de surveillance plus puissante afin d'enquêter sur les plaintes du public.

