Le magasinage aux États-Unis - Une saison des Fêtes décevante

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Éric Desrosiers
Édition du jeudi 27 décembre 2007

Mots clés : Conseil international des centres commerciaux, Fêtes, Commerce, Festival et fête, États-Unis (pays)

Les commerçants devront faire de bonnes ventes durant les prochains jours s'ils veulent améliorer la récolte d'une saison des Fêtes décevante.

Le dévoilement des plus récentes statistiques sur le magasinage du temps des Fêtes aux États-Unis est venu confirmer, hier, aux États-Unis, une perte de vigueur des consommateurs. La ruée dans les magasins que l'on espérait, après un lent départ, durant la dernière semaine précédant Noël ne s'est finalement pas matérialisée, a rapporté le Conseil international des centres commerciaux (ICSC). Les ventes durant la semaine qui s'est terminée le 22 décembre n'ont représenté qu'une augmentation de 2,8 % par rapport à la semaine précédente, ainsi que par rapport à la même période l'an passé.

«Compte tenu de la faible performance affichée depuis le début du mois, il semble que notre industrie se dirige vers une augmentation des ventes totales légèrement inférieure à nos attentes originales», a déclaré Michael Niemira, vice-président et économiste en chef à l'ICSC. L'association a par conséquent révisé à la baisse ses prévisions quant aux ventes totales des mois de novembre et décembre, et n'espère plus qu'une augmentation «légèrement inférieure à 2,5 %» par rapport à l'année dernière.

Un autre rapport, commandé à la firme Johnson Redbook par la compagnie de crédit MasterCard, celui-là, a dressé hier sensiblement le même portrait. Les dépenses du temps des Fêtes au 22 décembre ne présentaient, selon cette étude, qu'une augmentation de 3,6 % par rapport à 2006.

Lundi, le géant américain du commerce au détail Target avait fortement révisé à la baisse ses projections de vente pour les cinq semaines précédant le 5 janvier. Plutôt qu'une augmentation de 3 à 5 % par rapport à l'an dernier, le principal concurrent de Wal-Mart dit aujourd'hui ne plus s'attendre qu'à une augmentation maximale de 1 %, sinon à une baisse équivalente.

L'ardeur des consommateurs américains a été fortement éprouvée ces derniers mois. L'augmentation des prix de l'essence et des aliments, la baisse de la valeur des maisons et le resserrement des conditions de crédit ont affecté le bel enthousiasme qu'ils avaient affiché jusque-là.

Tout espoir n'est pas perdu

Les commerçants ne perdent toutefois pas encore espoir de pouvoir améliorer leur sort dans les prochains jours. «Les ventes d'après-Noël et l'utilisation des certificats-cadeaux pourraient adoucir un peu les choses», a fait remarquer Michael Niemira. La semaine qui suit Noël compterait pour 16 % des ventes totales du temps des Fêtes aux États-Unis, selon la firme Shopper Trak RCT. On estime également que 61 % des consommateurs américains ont acheté au moins un certificat-cadeau cette année, soit près du double de l'année dernière. Bien qu'ils fassent tinter le tiroir-caisse des commerçants à la minute où ils sont vendus, ces certificats-cadeaux ne sont habituellement pas pris en compte par les analystes américains avant d'avoir été utilisés.

Les résultats d'hier n'ont pas manqué de frapper les esprits dans un pays où la consommation des ménages compte pour 72 % du produit intérieur brut. Cette mauvaise performance semble d'autant plus inquiétante que plusieurs commerçants, sentant le manque d'entrain des clients, n'avaient exceptionnellement pas attendu après Noël pour multiplier les offres de rabais, souvent dès le mois de novembre.

La Bourse de New York a marqué le coup hier en accusant une légère baisse à l'ouverture des marchés après deux jours de congé. Aux alentours de 10h, le Dow Jones avait perdu 55,27 points. L'appréciation des valeurs technologiques a permis plus tard de redresser la situation et de terminer avec de modestes gains. Le Dow Jones a ainsi progressé de 2,36 points (+0,02 %) à 13 551,69 points. Le Nasdaq a quant à lui gagné 10,91 points (0,4 %) à 2724,41 points et le S&P 500, 1,21 point (+0,08 %) en clôturant à 1497,66 points.

Situation similaire au Canada

En comparaison, les consommateurs canadiens semblent moins éprouvés économiquement que les Américains, mais cela ne les empêche pas de montrer eux aussi des signes de fatigue. En attendant des statistiques plus précises sur leurs dépenses du temps des Fêtes, on peut s'en remettre au portrait de la situation du commerce de détail au 31 octobre tel que dressé vendredi par Statistique Canada. On y voit que la consommation stagne au Canada depuis quelques mois après avoir connu une forte augmentation depuis 2004.

Un sondage de la firme Deloitte dévoilé au début du mois disait que les Canadiens n'entendaient pas dépenser plus durant le temps des Fêtes cette année qu'en 2006. Au Québec, la proportion des consommateurs qui prévoyaient dépenser plus (24 %) était équivalente à ceux qui entendaient réduire leurs dépenses.

Comme les Américains, les Canadiens semblent avoir eu tendance à attendre encore plus qu'auparavant à la toute dernière minute avant d'acheter leurs cadeaux. L'association Paiement direct INTERAC a rapporté hier avoir enregistré le plus de transactions le vendredi 21 et le dimanche 23 décembre.

La saison de la chasse aux rabais d'après-Noël s'est ouverte hier avec le traditionnel boxing day. Cette période représente ici aussi la dernière occasion qu'ont les commerçants de tirer profit de l'esprit des Fêtes. Un sondage Omnitel, commandé par la compagnie de crédit Visa Canada et dévoilé lundi, les avait prévenus de ne pas nourrir trop d'espoir, du moins pour la première journée. Moins d'un Canadien sur quatre, et seulement un Québécois sur six, prévoyaient en effet se lancer à l'assaut des magasins dès hier, soit la plus faible proportion depuis la première enquête en 2002. «Après plusieurs semaines passées à courir les cadeaux de Noël, il semble que plusieurs clients souhaitaient maintenant passer un peu de temps avec leurs familles et leurs amis», avait alors constaté une directrice de la compagnie, Tania Freedman.

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Avec l'Agence France-Presse


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