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Choléra - Hors contexte
Et s'il est probable qu'une telle chute démographique ait laissée des traces dans le paysage, ces traces demeurent sans doute mineures et auront en bonne partie disparues suite aux deux incendies de 1845.
Car il ne faut pas oublier que les populations les plus touchées par le choléra demeuraient surtout dans les quartiers (plus pauvres) de Saint-Roch et Saint-Jean, soit à l'extérieur des frontières du Vieux-Québec. Si vous portez bien attention au livre de M. Provencher, vous remarquerez que l'auteur ne parle pas du Parlement. Pourquoi? Car il n'est pas situé dans l'arrondissement historique.
Bref, le thème du choléra, très intéressant en soi, aurait été d'après moi hors contexte dans ce livre puisqu'il traite de patrimoine et se consacre aux frontières du Vieux-Québec.
En terminant, vous me paraissez un peu trop près de votre sujet. Vous donnez même dans la fiction historique, lorsque vous affirmez que ces 3000 morts empêchent aujourd'hui Québec d'atteindre le cap du million d'habitants. Québec était avant tout un lieu de transit migratoire (ce qui aurait amené le choléra en 1832, mais aussi le typhus en 1847). Tous les immigrants ne s'installaient pas définitivement à Québec. Il en est venu environ 50,000 seulement en 1832. La majorité n'est pas restée. 3000 morts, c'est tragique, mais insignifiant à long terme compte tenu des mouvements migratoires du XIXe siècle. Il y a bien d'autres raisons plus pertinentes pour expliquer la population actuelle de Québec, comme le manque de rétention des immigrants (au XIXe siècle, mais encore aujourd'hui semble-t-il).
Je vous invite donc à plus de prudence dans vos propos, sans quoi vous perdrez de la crédibilité aux yeux de ceux qui pourraient être vos alliés naturels dans la reconnaissance de cet événement tragique dans l'histoire de Québec.
Et j'en profite pour lancer un grand bravo à M. Provencher! À quand le prochain? :-)
Marcel
