Vos réactions

Choléra - Hors contexte

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Marcel Bédard
Envoyé Le jeudi 27 décembre 2007 10:00



M. Noël, oui ce sujet du choléra en 1832 est intéressant et ne doit pas être occulté. Cela dit, le livre de M. Provencher n'est pas une histoire de Québec, mais une histoire du "Vieux-Québec" d'abord, et "à travers son patrimoine". Pour avoir dévoré ce livre la fin de semaine dernière, ce fil conducteur est manifeste tout au long de l'ouvrage et explique très bien les choix de l'auteur. Si le patrimoine a différentes facettes, je vois mal comment faire entrer le choléra dans l'une de celles-ci.

Et s'il est probable qu'une telle chute démographique ait laissée des traces dans le paysage, ces traces demeurent sans doute mineures et auront en bonne partie disparues suite aux deux incendies de 1845.

Car il ne faut pas oublier que les populations les plus touchées par le choléra demeuraient surtout dans les quartiers (plus pauvres) de Saint-Roch et Saint-Jean, soit à l'extérieur des frontières du Vieux-Québec. Si vous portez bien attention au livre de M. Provencher, vous remarquerez que l'auteur ne parle pas du Parlement. Pourquoi? Car il n'est pas situé dans l'arrondissement historique.

Bref, le thème du choléra, très intéressant en soi, aurait été d'après moi hors contexte dans ce livre puisqu'il traite de patrimoine et se consacre aux frontières du Vieux-Québec.

En terminant, vous me paraissez un peu trop près de votre sujet. Vous donnez même dans la fiction historique, lorsque vous affirmez que ces 3000 morts empêchent aujourd'hui Québec d'atteindre le cap du million d'habitants. Québec était avant tout un lieu de transit migratoire (ce qui aurait amené le choléra en 1832, mais aussi le typhus en 1847). Tous les immigrants ne s'installaient pas définitivement à Québec. Il en est venu environ 50,000 seulement en 1832. La majorité n'est pas restée. 3000 morts, c'est tragique, mais insignifiant à long terme compte tenu des mouvements migratoires du XIXe siècle. Il y a bien d'autres raisons plus pertinentes pour expliquer la population actuelle de Québec, comme le manque de rétention des immigrants (au XIXe siècle, mais encore aujourd'hui semble-t-il).

Je vous invite donc à plus de prudence dans vos propos, sans quoi vous perdrez de la crédibilité aux yeux de ceux qui pourraient être vos alliés naturels dans la reconnaissance de cet événement tragique dans l'histoire de Québec.

Et j'en profite pour lancer un grand bravo à M. Provencher! À quand le prochain? :-)

Marcel

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com