Vos réactions
Le choléra à Québec
En 1832, le choléra, amené par les bateaux remplis d'immigrants irlandais affamés à Québec, a tué 3292 personnes, 16,5% de la ville selon une auteur, la pire tragédie humaine de notre Histoire (avec la Déportation des Acadiens). Sans cette tragédie, Québec compterait près d'un million d'habitants aujourd'hui. (et le OUI l'aurait peut-etre remporté en 1995 parce que contrairement à une veille légende urbaine montréalaise Québec a bel et bien voté OUI en 1995)
En comparaison, le soulèvement des Patriotes a fait seulement quelques dizaines de morts. La crise de la conscription: 4 morts à Québec (il y a un monument en leur honneur sur la Rue St-Vallier). La crise d'Octobre: un seul mort (on a nommé un gros Pont en son honneur). Mais sur les 3200 morts du choléra à Québec: rien. On a élevé une croix dans le Vieux-Québec mais c'est pour honorer les Irlandais!! Ceux qui nous amenaient la mort!!! C'est-y pas beau être colonisés? Où est le FLQ lorsqu'on a besoin d'eux?
Juste pour donner un ordre de grandeur de la tragédie, dans tout le 20e siècle, les guerres menées par le Canada auront tué quelque 8000 soldats Québécois, mais sur une population de plusieurs millions de Québécois.
Or cette tragédie est à peu près inconnue des Québécois. Dans le Vieux-Québec il n'y a pas un seul monument, pas une seule statue, pas une seule plaque honorant ces marthyrs, NOS ANCÊTRES.
http://national.gallery.ca/bulletin/num20/giroux1.html
"Les ravages du choléra avaient pénétré profondément, à Québec, tous les esprits du siècle dernier (voir fig. 1 et 2). L'épidémie de 1832 avait été particulièrement dévastatrice: 3 292 morts à Québec dont 2 208 Québécois. La population de la ville s'élevait alors à 20 000 habitants. (2) (Dans certaines sources, (3) on lui attribue par ailleurs une population de 27 297 personnes.)
Il y eut deux épidémies de choléra au cours de la période qui nous intéresse: l'une en 1832, l'autre en 1834. Celle de 1832 fut la plus terrible; elle sévit du 8 juin au premier septembre de la même année. Le taux de mortalité augmenta terriblement et de nombreuses familles furent tragiquement disloquées
Le choléra s'était déclaré pour la première fois aux Indes, en 1826. De là, il était passé en Europe pour arriver à Québec en 1832. Les immigrants l'apportèrent avec eux: pendant cette mémorable année il en arriva 51 700 des Îles britanniques. Dès les premiers cas de juin, la panique s'empara des habitants riches et pauvres qui fuyaient à la campagne: « Le nombre d'individus qui avaient laissé la ville lors de la première apparition du choléra était considérable, et ne se composait pas seulement de gens qui vivaient dans l'aisance; beaucoup de gens de la classe ouvrière qui avaient des amis et des parents dans les campagnes, avaient été les rejoindre. On pense que plus de mille personnes sont trouvées absentes de leurs demeures pendant les cinq dernières semaines ». (5) Les églises furent fermées et les activités commerciales cessèrent presque. Il y eut à la ville une menace de famine puisque les cultivateurs apeurés ne venaient plus au marché vendre leurs produits.
Bien qu'il y eût à Québec, en 1834, 2519 mortalités, donc un nombre moindre, le parti nationaliste qui avait sans doute eu le temps de réfléchir donna un sens politique au manque de prévoyance du gouvernement d'alors: « On the reappearance of the disease in 1834 the national party again blamed Lord Aylmer for the outbreak. It was because it was he who refused to shut it out by closing the gate of the St-Lawrence, he it was who enticed sick immigrants into the country, in order to decimate the ranks of the French-Canadians ». (8)
