FARC: des libérations pour Noël ?
Mots clés : libérations, Piedad Cordoba, FARC, Enlèvement, Colombie (Pays)
De nouveaux signaux annoncent l'arrivée au Venezuela des trois otages promis
Malgré les rumeurs de retard, la libération de trois des otages prisonniers de la guérilla colombienne des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), jusqu'ici pressentie avant Noël, serait imminente. La sénatrice colombienne Piedad Cordoba, ex-médiatrice dans ce dossier, est arrivée au Venezuela samedi, ce qui constitue un signal probant, selon les analystes. Du côté colombien comme dans les États de Barinas et de Amazonas au Venezuela, la rumeur court que des membres des FARC s'activent pour préparer la venue des trois otages, a affirmé une radio locale.La sénatrice colombienne avait elle-même dit craindre que les opérations militaires menées par l'armée colombienne contre les FARC ne retardent la libération des otages promise mardi dernier par les FARC. Ces libérations devraient avoir lieu au Venezuela, où les trois otages devraient être remis au président Hugo Chavez.
Le quotidien vénézuélien Vea, très proche du pouvoir, a toutefois affirmé que «la remise des otages est difficile» et qu'«il est possible que ce soient les rois mages et non l'enfant Jésus qui apportent les trois personnes libérées».
Les autorités colombiennes, qui luttent contre la guérilla marxiste notamment dans la région frontalière du Venezuela contrôlée par le groupe rebelle, ont affirmé à plusieurs reprises qu'il «n'est pas question de mettre fin» aux opérations anti-terroristes.
Mais hier, le Haut-Commissaire colombien pour la paix, Luis Carlos Restrepo, a nié que le gouvernement ait lancé des opérations militaires destinées à empêcher la triple libération. «Il n'y a aucun type d'opérations destinées à empêcher les personnes séquestrées de retrouver la liberté», a affirmé M. Restrepo à la radio privée Caracol.
Mardi, le président vénézuélien avait laissé entendre que la libération était imminente, en disant que ce serait un beau «cadeau de Noël» pour les familles.
Hugo Chavez a annoncé dans la nuit de samedi à hier qu'il allait travailler à l'élaboration d'une «formule» de libération, pour que la sécurité des otages ne soit pas menacée, une opération «délicate» selon lui.
En Colombie, les familles sont suspendues aux nouvelles venues du Venezuela, où s'est rendue samedi Piedad Cordoba. La sénatrice était médiatrice officielle aux côtés de M. Chavez, avant que cette mission ne leur soit retirée par le président colombien Alvaro Uribe.
«Il y a un facteur qui joue contre» nous, a affirmé Mme Cordoba samedi à Caracas. Il y a de nombreuses opérations [...] et ils ne vont pas les suspendre, cela pourrait retarder [la libération] jusqu'à ce que les conditions de sécurité soient réunies pour les otages.»
Les autorités colombiennes, irritées que Hugo Chavez obtienne la liberté de plusieurs otages alors qu'il a été déchu de son rôle de médiateur, ont jugé que les FARC devaient être traduites devant la Cour pénale internationale (CPI). «Les crimes qu'il commettent sont des crimes contre l'humanité, ce qu'ils font, c'est presque un génocide», a affirmé M. Restrepo au quotidien colombien El Pais.
Les trois otages dont les FARC ont promis la libération sont Clara Rojas, bras droit de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, toutes deux enlevées en février 2002, son petit garçon de trois ans, Emmanuel, né en captivité, et l'ex-parlementaire colombienne Consuelo Gonzalez, aux mains des FARC depuis septembre 2001.
Hier à Bogotá, des centaines de familles ont adressé des messages de soutien aux détenus et appelé à leur libération, lors d'une cérémonie retransmise par la radio à l'attention des otages.
«Ma petite maman, c'est trop dur de passer un nouveau Noël sans toi, de passer encore ton anniversaire sans pouvoir le célébrer. Nous avons besoin que tu sois forte, que tu prennes soin de toi, fais-le pour Loli [son frère Lorenzo] et pour moi», a déclaré dans un message radiophonique Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt.
La veille, à Paris, des centaines de bougies avaient été déposées devant la cathédrale Notre-Dame en solidarité avec Ingrid Betancourt et les autres otages.

