Théâtre - La reine Pierrette

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Alexandre Cadieux
Édition du lundi 24 décembre 2007

Mots clés : Monique Duceppe, Compagnie Jean Duceppe, La Casta Flore, Théâtre, Spectacle, Montréal

Ah oui, les bonnes traditions du Temps des Fêtes! On n'y échappera pas en 2007: le magasinage de dernière minute, les fastueux repas qui n'en finissent plus et la comédie de Noël de la compagnie Jean-Duceppe nous reviennent encore cette année. On se souviendra que, l'an dernier à pareille date, Monique Duceppe nous avait offert en cadeau Le Dernier Don Juan, une comédie de moeurs plutôt tiède signée Neil Simon. Pour accueillir 2008 en beauté, elle effectue cette fois-ci un virage plutôt burlesque en proposant La Casta Flore, l'histoire véridique de la pire cantatrice de l'histoire, personnage interprété par une Pierrette Robitaille en très grande forme.

L'une des premières règles du burlesque, genre théâtral plutôt mort à Montréal depuis la fermeture du Théâtre des Variétés, c'est de miser sur une vedette, une valeur sûre. Dans le rôle de Florence Foster Jenkins, Robitaille n'est rien de moins qu'éblouissante. Sa composition de la «grande» soprano new-yorkaise des années 30-40, qui compensait son manque total de talent et d'oreille par une confiance absolue en ses moyens, rend le public complètement gaga. Dans ses costumes colorés et loufoques conçus par Daniel Fortin, elle détonne, elle explose, surtout bien sûr après chacune de ses (trop rares) performances vocales, où chaque fausse note trouve rigoureusement sa place.

En pianiste-accompagnateur, Benoît Brière semble jouer le faire-valoir, mais nous ne sommes pas dupes: le souvenir de son impeccable Olivier Guimond n'est jamais loin. Plus malin que les autres personnages, moins pitre dans son interprétation, Brière profite de chaque perche tendue pour placer ses gags, avec chaque fois un sens sidérant du «timing». Monique Duceppe a d'ailleurs bien orchestré dans l'ensemble les moments comiques, malaises et mimiques de la partition que permet le texte de Peter Quilter.

Là où La Casta Flore manque par contre franchement d'unité, c'est dans la direction des acteurs. Autour de la chanteuse et de son musicien s'agitent la dame de compagnie (Pauline Martin), l'acteur déchu (Normand Lévesque), la bonne d'origine mexicaine (Danièle Lorain) et la mélomane outrée (Alexandrine Agostini). Le ton varie du bien senti à la pure caricature, et le niveau de langue fluctue entre le soutenu et le très relâché, des discordances qui finissent par agacer. Le rythme qui soutenait allègrement la première partie s'essouffle également après l'entracte, où quelques scènes traînent en longueur.

La scénographie de Marcel Dauphinais, faisant alterner décors et projections, nous transporte d'une suite d'hôtel décorée au Carnegie Hall, lieu mythique qui accueillit l'ultime performance de Foster Jenkins en octobre 1944, que relate le dernier acte. Si on pousse un peu la note de l'émotion sur la fin, force est de constater que ce repas annuel offert par Duceppe réussit mieux à dérider ses convives que son prédécesseur. On reprendrait même un peu plus de Pierrette Robitaille à la sauce diva.

Collaborateur du Devoir

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La Casta Flore

Texte: Peter Quilter, traduction de Daniel Roussel. Mise en scène: Monique Duceppe. Une production de la Compagnie Jean Duceppe présentée à la Place des Arts jusqu'au 9 février.


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