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@Michel Leclaire

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Fernand Trudel (trudel.f@videotron.ca)
Envoyé Le dimanche 23 décembre 2007 11:00



Entre être sceptique des causes humaines du réchauffement et l'équité dans le monde, il y a un monde.

Pour votre information, voici un article paru dans le devoir et dont je partage cette façon de voir les choses...

Changements climatiques et bouleversements des structures économiques - Où est passée notre capacité d'adaptation?
Steve Déry, Professeur adjoint au département de géographie de l'Université Laval - Le Devoir 17 janvier 07

Le 4 janvier dernier, Le Devoir nous a souhaité une bonne année 2007 en titrant à la une: «Le réchauffement est irréversible» et, sur la page titre du cahier B du même jour: «Fini, les horaires fixes chez Wal-Mart».

Qu'ont en commun ces deux nouvelles, ainsi que plusieurs autres qui nous déstabilisent régulièrement, en ce qui concerne tant les changements climatiques que les transformations de l'économie mondiale? Elles montrent qu'un trait fondamental de l'histoire de l'humanité a été laissé de côté dans toutes les réflexions portant sur ces sujets aussi diversifiés mais qui concernent tous les relations entre les humains et leur environnement. Il s'agit de la capacité d'adaptation des humains.

Une histoire d'adaptation

Historiquement et surtout pré-historiquement, les humains se sont continuellement adaptés, avec plus ou moins de succès, aux soubresauts climatiques d'une part et «économiques» d'autre part, à tout le moins suffisamment pour permettre à l'humanité de poursuivre son évolution vers ce que nous sommes devenus.

Pour ce faire, ils ont utilisé certes leur intelligence pour innover, pour mieux utiliser et mieux comprendre leur environnement, mais aussi, plus pragmatiquement, ils ont utilisé... leurs pieds. Pour se déplacer vers des contrées moins arides, moins froides, plus propices aux systèmes de production des diverses époques: chasse, cueillette, formes variées d'agriculture, etc. Tout cela au gré des saisons, des époques, des ères.

Ce qu'on ne souligne peut-être pas suffisamment toutefois (en fait, pas du tout), c'est le carcan, en fait les carcans dans lesquels l'humanité s'est graduellement empêtrée au cours des 2000 dernières années d'histoire, avec une accélération notable au cours des 200 dernières années, depuis la révolution industrielle: des carcans démographiques, politiques, économiques, et même, depuis 1872, année de la création du premier parc national dans le monde (Yellowstone), des carcans écologiques.

Construits graduellement, plus ou moins rapidement selon les cas et selon les époques, pour le pire mais aussi pour le meilleur, ces cadres plus ou moins figés réduisent aujourd'hui considérablement notre capacité de bouger, de nous adapter aux transformations auxquelles nous faisons face ou aurons à faire face au cours des prochaines décennies.

Carcan démographique

La Terre n'a jamais été si peuplée d'humains de son histoire: près de sept milliards de personnes. Au moins deux autres milliards d'individus devraient s'ajouter d'ici 2050. Certaines régions du globe comptent plus de 800 habitants au kilomètre carré en zone rurale (delta du fleuve Rouge, Java, Bangladesh). Les terres les plus favorables à l'agriculture sont dans l'ensemble assez bien occupées. Il apparaît donc de plus en plus difficile de migrer au gré des saisons, des variations climatiques, des hausses du niveau de la mer, d'autant plus que...

Carcan politique

D'autant plus que les humains ont créé des structures politiques, des frontières, qui limitent ces déplacements, le découpage de l'ensemble de la planète ayant été terminé lors de la Conférence de Berlin en 1884-85, consacrant à l'époque le découpage colonial de l'Afrique.

Le fait de découper la planète de cette manière n'a pas été remis en question depuis. Et pour en illustrer les conséquences, un seul exemple parmi plusieurs qui pourraient être donnés: les pasteurs nomades de la zone sahélienne en Afrique qui migraient traditionnellement en fonction de la répartition des pluies se sont retrouvés coincés plus au nord (près du Sahara), dans une zone dont l'aridité a graduellement augmenté au cours du XXe siècle, d'une part par la présence de nouveaux paysans sédentaires sur les terres plus au sud, d'autre part par les nouvelles frontières créées arbitrairement entre les puissances coloniales de l'époque, découpages qui ont perduré et se sont même multipliés après la décolonisation.

Carcan économique

Ces découpages, les tenants de l'orthodoxie néolibérale tentent depuis la Deuxième Guerre mondiale d'en réduire la portée. Mais paradoxalement, alors que sur le plan économique on parle davantage de libéralisation des échanges et d'ouverture des frontières, la situation n'apparaît pas aussi «ouverte» pour les populations locales.

Le résultat de ces mesures d'ouverture dépend du système qu'on observe. Pour l'entreprise qui cherche à augmenter sa capacité d'action et d'adaptation, ce genre de libéralisation est tout à fait bienvenu. Pour les communautés locales, les employés, etc., la partie est tout autre. Leur capacité d'adaptation est considérablement réduite. Les nouvelles portant sur Wal-Mart et les horaires variables ou sur la fermeture d'une imprimerie appartenant à Quebecor, en Beauce, en sont des exemples. La crise forestière en est un autre. Selon le texte «La nouvelle loi sur les forêts: un indécent cadeau de Noël!», paru dans Le Devoir des 16 et 17 décembre 2006, la décision du gouvernement Charest de légiférer avant les Fêtes permet aux entreprises une gestion mieux adaptée, sans contrainte territoriale, mais réduit de façon draconienne les possibilités des communautés locales et des employés de ces entreprises.

La question du tourisme hivernal est un autre exemple, même si elle apparaît aujourd'hui moins criante (il a neigé au cours des derniers jours) qu'au début de janvier (alors qu'il n'y avait presque pas de neige).

C'est le même problème qui se pose: le danger de spécialiser des régions à outrance, de les rendre dépendantes d'entreprises qu'on a soulagées du carcan territorial pour les rendre plus compétitives. Les régions, elles, ne le sont plus et deviennent en péril lorsque surviennent des pépins d'ordre économique, politique, climatique, etc.

Dans le dossier du mont Orford, la même logique s'applique: le gouvernement Charest est en train d'encarcaner le site pour les prochaines décennies alors que les scientifiques se posent judicieusement la question de savoir s'il y aura suffisamment de neige pour faire vivre décemment une station de ski dans 20 ou 30 ans. Comment les communautés locales pourront-elles s'adapter?

L'humanité empêtrée

Certes, ce carcan, ce n'est pas l'entièreté de l'humanité qui en est responsable. Il ne faut pas s'éloigner des racines des problèmes. Le livre Comment les riches détruisent la planète d'Hervé Kempf, qui paraîtra bientôt au Québec et dont Louis-Gilles Francoeur a aussi rendu compte à la une du Devoir («Les riches au banc des accusés», les 6 et 7 janvier 2006), en témoigne justement. Ces idées rejoignent d'ailleurs celles développées par le fondateur de l'écologie sociale, Murray Bookchin, décédé l'été dernier.

Selon lui, c'est dans les inégalités sociales qu'il faut chercher la cause des problèmes écologiques actuels (Murray Bookchin, Une société à refaire - Vers une écologie de la liberté, 1993, Montréal, Écosociété).

Travailler à réduire nos émissions de gaz à effet de serre, à réduire la pollution et la dégradation de notre planète, à protéger certaines portions du territoire est important, c'est un travail de tous les jours, et chacune de nos actions personnelles compte comme chaque goutte pour la mer. Mais le véritable défi des prochaines décennies est plutôt de retrouver cette capacité d'adaptation des populations, capacité que nous avons en partie perdue. Et ici, les innovations techniques et technologiques ne suffiront pas.

Cette capacité de s'adapter et de changer les choses passe d'une part par une meilleure connaissance des carcans qui ont été construits, en particulier ceux qui figent les inégalités sociales, afin de trouver des solutions pour en sortir, et d'autre part par une meilleure connaissance des transformations en cours, qui touchent tant le milieu physique que le milieu humain de la planète.

Ce défi, ils sont déjà nombreux à le relever, en particulier chez les géographes. Il est de notre responsabilité de servir de courroie de transmission entre le savoir et les citoyens pour permettre de faire des choix éclairés et demander des comptes à nos gouvernements lorsqu'ils font passer leurs intérêts politiques personnels avant les intérêts collectifs.

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Ce que je déplore est ce battage médiatique climatique qui tente de nous pointer comme coupable alors que le système solaire est affecté au complet par ce cycle de réchauffement. La principale préoccupation des humains devrait être le partage des richesses et l'élargissement de l'accès aux sources d'eau potable. Mais on a décidé de s'attaquer aux sources de notre richesse économique. L'exploitation récente des sables bitumineux de l'Alberta et celle des réserves sousmarines "off shore" au large de Terre-Neuve sont à la base du transfert du déséquilibre fiscal et de l'arrivée soudaine de 2,3 milliards au Québec. S'attaquer au système économique sans alternative crée des pauvres inutilement. Les écolos se sont attaqué à la foret et nous avons 12,000 chômeurs forestiers. Voilà comment on détruit notre richesse économique avec une poignée d'actrivistes. C'est loin du partage des richesse cette attitude de nos alarmistes, nos pleureurs nationaux. Pourtant le parti vert ne récolte que 6 % du suffrage...

Je partage aussi cette conception de l'UNICEF sur l'entente de Copenhagen mais je déplore le discours d'Al Gore et compagnie.
http://www.copenhagenconsensus.com/Default.aspx?ID=796



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