Fonds d'investissement - Ménage dans les courriels...

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Michel Marcoux
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 décembre 2007

Mots clés : fonds TD, courriels, Fonds d'investissement, Économie, Québec (province)

Question de bien terminer l'année 2007, je réponds à vos dernières questions reçues récemment.

Robert d'Ottawa et P. G. du Nouveau-Brunswick ont de sérieux doutes sur les fonds TD obligations à rendement réel et TD obligations canadiennes. Dans les deux cas, mon opinion et ma recommandation favorable demeurent les mêmes. Deux très bons fonds, sous la supervision de l'excellent gestionnaire Satish Rai, appuyé par son collègue Geoff Wilson.

En ce qui concerne le fonds d'obligations à rendement réel, au 30 novembre dernier, il est de premier quartile sur trois mois, six mois, deux, cinq et dix ans et de deuxième quartile sur 12 mois et trois ans. Donc, tout semble maîtrisé, par comparaison avec d'autres fonds faisant partie de cette catégorie. Là où le bât blesse, c'est tout simplement du côté du secteur des obligations. Au cours des 12 derniers mois, le fonds a produit un rendement de -3,7 % et, pis, cette catégorie a affiché un rendement négatif de -4,6 %.

Le gestionnaire a donc généré un rendement, disons moins mauvais: 0,9 % supérieur à la médiane, ce qui est énorme dans cette catégorie où les marges de manoeuvre sont très faibles. J'avais recommandé fortement ce produit il y a quelques mois, et rien ne change dans ma recommandation.

Par contre, comme je le mentionne souvent, vous devez toujours acquérir des unités d'un nouveau fonds en les accumulant graduellement sur une période minimum de 12 à 18 mois, ce que semblent oublier trop souvent trop d'investisseurs. Jamais d'achat subit de 10 000 $ ou de 50 000 $ sur un coup de tête. Décidez du montant que vous désirez investir dans un fonds et accumulez des unités à raison de 1/18 de ce montant chaque mois, par exemple. Et, surtout, n'essayez pas de jouer au plus fin et de déterminer la meilleure journée du mois pour faire vos emplettes. Ce type d'exercice est futile et destiné à l'échec. Soyez rationnel, choisissez une journée spécifique du mois, et soyez régulier comme une montre suisse.

Pour le fonds TD obligations canadiennes, les deux dernières années ont été plus difficiles. En fait, depuis 12 mois, c'est la catastrophe. Le rendement des 12 derniers mois a été de 0,4 %, alors que la médiane de sa catégorie a été de 1,2 %. Ce n'est pas la première fois que ce fonds connaît une année plus difficile, mais ce n'est pas une raison pour jeter l'éponge. Patience, patience! Dans les deux cas, et pour le fonds d'obligations à rendement réel et pour le fonds d'obligations canadiennes, acquérir de nouvelles unités n'est pas une mauvaise idée. Pourquoi ne pas profiter d'un marché morose pour faire l'acquisition de nouvelles unités? Cependant, rappelez-vous qu'il faut être patient, autant en ce qui concerne le rythme auquel vous devez acquérir de nouvelles unités qu'en ce qui concerne la décision de vendre... un de ces jours.

***

A. S. se demande s'il faut toujours prêter une grande attention aux fonds qui investissent en Chine.

La Chine est un pays extraordinaire, du moins en ce qui concerne sa phénoménale croissance économique, mais pour ce qui est d'y investir vos épargnes, malgré des rendements de ses Bourses tout à fait... époustouflants, j'ai encore certains doutes. Je dois le reconnaître, je n'ai jamais été un grand «fan» des fonds spécialisés, tant dans certains secteurs que dans des zones géographiques spécifiques. La Chine est un cas particulier, mais probablement pas au point, malgré tout, d'en faire une exception.

La Chine a connu une croissance économique tout à fait exceptionnelle, c'est un fait; par contre, la grande majorité des gestionnaires qui s'intéressent à ce grand pays hésitent encore à investir directement dans des actions qui se transigent à la Bourse de Shanghai. Leur principale raison est la valeur intrinsèque et véritable d'une action d'une entreprise chinoise.

Plus concrètement, quelle est la valeur exacte d'une action d'une entreprise chinoise et quelle est la signification, en termes légaux, d'une telle action? Sommes-nous les véritables propriétaires de cette entreprise, comme c'est le cas pour les actions émises dans des entreprises nord-américaines ou européennes?

Pour ces raisons, la très grande majorité des gestionnaires préfèrent détenir dans leurs portefeuilles des actions d'entreprises qui font du commerce avec la Chine. C'est une façon détournée, et moins risquée, d'investir en Chine. Présentement, sur tous les fonds disponibles aux investisseurs québécois, seuls quatre ont pour mission première d'investir spécifiquement en Chine: AGF catégorie direction Chine, Excel Chine, Fidelity Chine et Renaissance Chine Plus.

Ce type de fonds est toujours trop à risque, malgré, il faut bien l'avouer, des rendements plutôt exceptionnels. Des rendements de 45,5 % à 66,6 % pour le pire et le meilleur de cette catégorie parmi les quatre disponibles, et ce, au cours des 12 derniers mois. Celui d'AGF est le plus gros fonds, en matière d'actif sous gestion, avec près de 500 millions, et c'est aussi le plus vieux fonds de cette catégorie: sa création remonte à avril 1994. L'aspect le moins intéressant de ce produit: l'arrivée d'un nouveau gestionnaire en mars 2007.

À mon avis, l'achat d'un bon fonds international est plus intéressant à long terme et beaucoup moins à risque.

***

G. P. se pose des questions sur son conseiller financier, compte tenu des rendements anémiques de son portefeuille en 2007.

Je ne crois pas que G. P. doive envisager de changer de conseiller financier seulement à la lecture des résultats de son portefeuille en 2007. D'abord, l'indice de la Bourse de Toronto (S&P/TSX) n'a affiché que 5,9 % comme rendement en date du 14 décembre dernier, et ce, depuis le 1er janvier 2007. Les obligations canadiennes de 30 ans, à cette même date, ont affiché 2,6 % et, libellées en dollars américians: -3,3 %. Le rendement du S&P 500, en devises canadiennes, est inférieur à -8,0 %. Par contre, le prix du baril de pétrole avait, lui, en date du 14 décembre dernier, augmenté de 49,5 % depuis le début de l'année.

En conclusion, à moins d'être clairvoyant ou très audacieux, sachez qu'un portefeuille équilibré n'a rien rapporté en 2007. Alors soyez réaliste par rapport à vos attentes.

question@avantages.com

L'auteur est conseiller en placement et président d'Avantages Services financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement

et dans la gestion privée.


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