À mourir d'ennui...

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Odile Tremblay
Édition du samedi 22 et du dimanche 23 décembre 2007

Mots clés : Tamara Jenkins, The Savages, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)

The Savages est l'exemple parfait du film américain qui repose sur de bonnes intentions et des sentiments louables mais n'arrive guère à transcender son sujet. Dilué, sans ligne de force, truffé de longueurs, il se révèle plus courageux par son thème que réussi dans sa facture. On dirait une sorte de téléfilm atterri sur grand écran, filmé sans éclat, de facture indépendante mais privé d'une touche magique.

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The Savages
Réalisation et scénario: Tamara Jenkins. Avec Laura Linney, Philip Seymour Hoffman, Philip Bosco, Peter Friedman. Image: Mott Hupfeld. Montage: Brian A. Katews. Musique: Stephen Trask.
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Avec un sujet qui ne peut pourtant au départ que toucher ceux dont les parents sont malades et diminués, le film met en scène un homme (Philip Seymour Hoffman) et sa soeur (Laura Linney) quadragénaires, éloignés l'un de l'autre mais qui se rapprochent au chevet de leur père malade (Philip Bosco) après l'avoir longtemps négligé.

L'idée n'est pas mauvaise. Traitée avec davantage de punch ou de subtilité, elle aurait pu donner un film soit choc, soit émouvant. Toutefois, malgré les efforts et parfois les vraies performances de Laura Linney et de Philip Seymour Hoffman, qui tentent d'exposer plusieurs facettes de leur personnage, The Savages s'enfonce dans l'ennui. On lui oppose le beaucoup plus fin Away from Her de la Canadienne Sarah Polley, en songeant que des dialogues et des situations moins caricaturaux font merveille pour ce genre de thèmes.

Le scénario a pourtant inséré des intrigues parallèles, en suivant les destins de Wendy (Linney), insatisfaite d'une vie dans les bras de son amant marié, et de Jon (Hoffman), qui enseigne la philosophie mais aspire à plus. Entre les deux, une tension et une compétitivité datant de l'enfance, des rancoeurs mal soignées, mais aussi une affection latente éclatent au grand jour.

Malheureusement, les sentiments mis en scène sont trop appuyés. Les non-dits, qui devraient glisser, sont soulignés à gros traits par des regards qui disent tout, des colères qui claquent, des réconciliations fracassantes. Le scénario finit par s'étirer longtemps sans se nourrir.

Otage des rapports d'amour-haine qui embrasent ses enfants, le vieil homme, d'ailleurs antipathique -- joué sans trop de conviction mais avec force grimaces par Philip Bosco --, n'a d'autre solution que le trépas, qu'on aurait, hélas pour lui!, souhaité plus prématuré.


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