À la rencontre de deux mondes
Mots clés : Entretiens Jacques Cartier, Économie, Québec (province), France (pays)
Sept jours pour consolider la coopération entre la France et le Québec

Photo: Agence France-Presse
Car les Lyonnais savent recevoir. À qui connaît ce coin de pays et auquel on dit qu'on va aux «entretiens», invariablement, la réaction surgit: «Et tu vas visiter un bouchon», ce mot qui désigne les restaurants de la région, là où les assiettes laissent peu de place aux légumes et verdures, comme si viandes et poissons étaient les seuls aliments dignes de les parer.
De la bouffe, de la bonne, donc au rendez-vous. Sans compter les diverses bouteilles. Ce qui explique peut-être que plus d'un, normalement taciturne, laisse dévoiler des intentions qu'en temps normal il saurait garder secrètes. Et trouverait-on là la raison pour laquelle année après année les Entretiens s'avèrent aussi fructueux?
Une ville
En 2007, qui arrivait à Lyon vérifiait d'abord si l'aménagement des berges du Rhône était complété. Et de fait, sur plus de cinq kilomètres, une nouvelle rive du fleuve, la gauche, avait pris forme. Car c'est cela Lyon, une ville qui rénove tout en gardant un caractère distinct, fière aussi de compter en son enceinte, dans le «Vieux», le deuxième plus grand ensemble Renaissance, après Venise. Et si l'année dernière le maire Tremblay était en pâmoison devant le réseau de tramway de la ville, reviendrait-il dans quelques années qu'il découvrirait que l'ancien quartier industriel de la presqu'île, là où le Rhône et la Saône se rejoignent, a une tout autre apparence.
Aux constructions neuves qui lentement s'implantent dans ce secteur, le nouveau musée, celui des Confluences qu'un Québécois, Michel Côté, dirige, servira tout à l'heure de fer de lance: Lyon ne craint pas de se donner aussi un air futuriste, ce qui explique qu'un «crayon», désignation sympathique de cet objet circulaire, abrite au bout de ses 40 étages un hôtel, le plus haut d'Europe.
Des réseaux
Aussi il ne faut pas se surprendre que dans les divers ateliers rassemblés par le pugnace Alain Bideau, l'homme à qui le Centre Jacques Cartier doit son existence, que dans ces ateliers on discute à la fois des villes du XIXe siècle tout comme on présente les dernières techniques et stratégies développées pour le secteur médical et hospitalier. Et encore, il ne s'agit que de deux items d'un vaste programme qui offre une vingtaine de colloques et permet de nombreux échanges hors rencontre où les ententes à long terme s'initient et s'entretiennent: ainsi Montréal en lumière viendra à la suite d'autres lumières, celles de Lyon.
Et que la grande région de Montréal soit ainsi associée depuis plusieurs années à celle de Rhône-Alpes, ici se trouve dans ces jours d'entretiens l'explication. Tout comme le fait que le Grenoble de la technologie fréquente les stratèges québécois.
Car au-delà des colloques, des liens permanents se tissent. Il faut savoir que la Caisse québécoise de dépôts est partenaire du Centre Jacques Cartier, tout comme la Ville de Montréal, Hydro-Québec, le ministère des Transports, plusieurs universités, et ce, à l'exemple de 85 organismes et entreprises sis de part et d'autre de l'Atlantique. Et Alain Bideau rêve toujours. «J'aimerais renforcer les partenariats avec l'Europe et la Suisse, de même que développer une collaboration avec l'Asie, notamment le Viêt-nam et le Cambodge», déclare celui qui veut que le chiffre magique des 100 partenaires soit atteint au moment où, l'an prochain, c'est vers Montréal et Québec (dans ce dernier cas pour participer à la fête du 400e anniversaire de fondation) que se déplaceront ces rencontres alors étalées sur plus de sept journées.
Un éclat
En 2007, il y eut une fois de plus débordement. Un Pierre Lefebvre, présent à titre de président de l'agence québécoise des PPP, fut rabroué par un Pierre-Marc Johnson pour avoir un peut trop cavalièrement dénoncé la classe politique dans son ensemble. Quant à un Philippe Couillard, il joua de prudence, sa communication se limitant à faire la promotion de cette ville dans laquelle se retrouve son comté.
Il est toutefois des «affaires» plus habituelles au temps de ces sept jours de fin novembre. Une habituée comme l'Agence métropolitaine de transport de Montréal échange ainsi annuellement avec le SYTRAL, son pendant lyonnais, à l'exemple des aéroports de Montréal et de Saint-Exupéry, tout comme le font les recteurs et directeurs d'institutions universitaires.
Car c'est secteur par secteur, domaine par domaine, que le programme d'activités se construit. Ainsi cette année, Montréal International était présent pour préparer 2008 en échangeant pendant deux jours en vue de mettre au point un grand débat sur l'innovation qui sera offert quand les Entretiens se tiendront de ce côté-ci de l'Atlantique, en octobre prochain, du 4 au
7 octobre à Montréal et du 8 au 10 à Québec.
Un entretien terminé, une autre année déjà prend forme sous l'égide cet organisme que son directeur présente avec fierté comme «l'un des principaux opérateurs de la coopération entre la France et le Québec».
Vos réactions
Lyon + Montréal = Fleuve - par Philippe Côté
Le lundi 24 décembre 2007 01:00

