Vos réactions

Âge de raison et signes de maturité.

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Gerry Pagé
Envoyé Le vendredi 21 décembre 2007 21:00



Né de la Confédération de 1867, le Sénat est une créature institutionnelle dont les pouvoirs ne sont pas que théoriques. Si cette créature supra institutionnelle donnait certaines assurances, quant à l'équilibre, quant à la rationalité, quant à la rentabilité, quant à la justesse et au souci de justice des décisions que prennent des politiques qui suivent des «lignes de partis» et qui abusent, jusqu'à l'extrême, des pouvoirs sans limites que procurent des majorités écrasantes, ledit Sénat se justifierait alors de lui-même!

En plus des emmerdes partisanes que subit le Parlement, les coûts du fonctionnement de cette constituante du Parlement canadien, par rapport aux résultats concrets dont profite le peuple, justifient, dans leur entièreté, sa remise en question, sa modernisation et même son élimination.

Je ne crois pas que l'on puisse questionner cette composante du Parlement, sans questionner, en profondeur, remettre en question et même prévoir l'élimination définitive et sans substitution, de la troisième composante, la Couronne, représentée par le gouverneur général et ses acolytes provinciaux, ces coûteux et parfaitement inutiles appendices du royalisme britannique.

Pour un Premier ministre, évidemment, le Sénat constitue une grosse verrue, planquée en plein visage de la gouvernance. Le Sénat, en plus de ses inutiles coûts faramineux de fonctionnement, donne libre cours aux flux des tiraillements et des mesquineries de la partisanerie revancharde. Il est devenu un trop lourd boulet. Sans faire l'examen des «pour» et des «contre», concernant les Sénat français et états-unien, par exemple, sans créer une Commission de commissionnaires, il demeure que le gouvernement canadien a besoin d'un solide et très racé «chien de garde». Les canadiens le souhaitent également, suite à la pluie de scandales qui ont marqué la fin du 2e millénaire et marquent les débuts du 3e.

Il serait à la fois nouveau et novateur, que cette vieille institution ou «institution de vieux et de vieilles» soit abolie, dans sa forme actuelle et remplacé par un consortium de sages, d'hommes et de femmes de vision et tournés vers les modernités des premières tranches du 3e millénaire. Misant sur la qualité plutôt que sur la quantité; misant sur l'indépendance intellectuelle plutôt que sur les dépendances partisanes; misant sur des critères de qualification qui ciblent des compétences reconnues plutôt que des cumuls de titres, de diplômes et d'Honoris Causa; misant sur des habiletés reconnues reliées aux résultats, plutôt que sur les virtuosités reliées aux débats et aux ébats; misant sur l'efficience reliée au court terme de 6 ans, plutôt que sur la dormance et la perpétuité inconditionnelle qui ne discriminent aucune des apparences de vieillissement précoce ou de sénilité du même type; misant sur la sélection par un Collège de sommités apolitiques reconnues et faisant consensus auprès des gouvernements provinciaux, plutôt que sur des élections tous azimuts ou des nominations basées sur le favoritisme et la gratitude pour «services rendus» aux Premiers ministres du Pays, un nouveau Sénat canadien, formé de représentants et de représentantes dont le nombre respecterait, en rapport avec des minima ajustés aux commandes de la mission, minimalement une représentation équitable, au prorata des populations des provinces et des territoires, tels que reconnus en 2007, contribuerait à réhabiliter l'Institution et à restaurer la confiance des canadiens dans cette Institution parlementaire de première instance, quant à la sauvegarde de la démocratie.

À mon avis et en considération de la capacité qu'a le Canada de s'autodéterminer et de s'autogouverner, la Couronne représentée par le Gouverneur général et ses acolytes provinciaux, devrait être abolie, sans plus. C'est un résidu historique qui, pour le moins des moins, n'a plus sa raison d'être.

Gerry Pagé
Ville de Québec

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com