Alimentation : les consommateurs sont confiants mais sceptiques

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Fabien Deglise
Édition du vendredi 21 décembre 2007

Mots clés : OGM, Alimentation, Québec (province)

Après les questions, la réaction: les trois quarts des consommateurs québécois se disent prêts à payer plus cher pour des aliments cultivés ou fabriqués au Québec. Ils se montrent aussi largement préoccupés par les organismes génétiquement modifiés (OGM), disent lire plus souvent les étiquettes pour faire des choix santé et expriment une confiance mitigée à l’égard de la certification biologique des produits verts, qu’ils sont toutefois un grand nombre à consommer.

C’est du moins ce qu’indique un vaste sondage Léger Marketing commandé par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Le coup de sonde, dont les résultats ont été dévoilés hier, a été envoyé dans un bassin de 1000 personnes entre le 26 juin et le 5 juillet dernier. Sa marge d’erreur est de 3,1 %, 19 fois sur 20.
Dans l’ensemble, une importante proportion (95 %) de consommateurs ont une très grande confiance dans la sécurité des aliments qu’ils trouvent sur leur tablette, indique cette étude annuelle de la perception des consommateurs à l’égard de la filière bioalimentaire. Mais dans cette unanimité, quelques taches persistent...

Ainsi, face aux OGM, les craintes semblent se confirmer. Les deux tiers des répondants ont indiqué cette année que ces transgènes représentent, selon eux, «un risque pour la santé». C’est cinq points de pourcentage de plus qu’en 2004. Les femmes, dans une proportion de 73 %, ainsi que les personnes âgées de 35 à 44 ans (75 %) sont parmi les plus aptes à exprimer ce genre de craintes, soulignent les experts en mesure de l’opinion publique.

La peur des OGM explique sans doute l’engouement pour les produits biologiques, obligatoirement exempts de ces organismes et que 61 % des consommateurs disent avoir consommés dans la dernière année, principalement s’ils sont de sexe féminin (66 %), sont détenteurs d’un diplôme collégial ou universitaire (68 %) ou ont un intérêt marqué pour les questions liées à l’alimentation (66 %).
Ce comportement fait aussi écho, sans doute, au fait que les trois quarts de la population se disent inquiets de l’impact des pratiques agricoles sur l’environnement.

Mais paradoxalement, tout en mettant plus de bio dans leur panier, un quart des consommateurs doute que ces produits soient vraiment biologiques, indique le sondage. Cette proportion de sceptiques atteint 42 % de la population.

Depuis le début du siècle, l’intérêt des Québécois pour la chose alimentaire semble aller en grandissant. En effet, en 2001, près de 58 % des consommateurs se disaient intéressés par ce genre de sujets, lorsque présenté dans un média près de chez eux. Cette année, ils sont 67 % à avouer ce penchant.
Ce comportement se confirme d’ailleurs dans leur rapport aux étiquettes des produits qu’ils achètent. Près des trois quarts des répondants ont indiqué porter une attention particulière, de façon systématique, à cette source d’ information au moment de leurs achats. Et ce, pour faire des choix dits «bons pour la santé». Si l’on tient compte de ceux qui scrutent les emballages occasionnellement pour les mêmes raisons, cette proportion atteint 91 % des répondants.

Dans une moindre mesure, 43 % des Québécois soumis à la question par Léger Marketing ont affirmé vérifier, toujours ou souvent, que les aliments qu’ils achètent sont bel et bien des «produits du Québec».
Et ce ne serait qu’un début puisqu’«une hausse significative est observée dans la proportion de Québécois qui s’assurent sur une base occasionnelle de la provenance québécoise de leurs aliments [passée de 17 % en 2006 à 29 % en 2007]», soulignent les auteurs de cette étude d’une centaine de pages rendu publique par le ministère.

L’achat local a donc l’air d’avoir le vent dans les voiles, et ce, même si 43 % des répondants disent avoir de la difficulté à trouver des produits québécois sur les tablettes des épiceries.

Mais ils seraient nombreux à vouloir en voir apparaître davantage et ils accepteraient même, dans une proportion de 73 %, de payer plus cher «pour un produit du Québec» et ce, «à qualité équivalente».
C’est sept points de pourcentage de plus que l’an dernier. Une hausse du prix, variant de 10 à 15 %, est d’ailleurs jugée «acceptable» pour la majorité des répondants.

À noter: pour un étiquetage des produits contenants des OGM, les consommateurs seraient également prêts à composer avec le même genre d’augmentation de prix.

Seule différence, la moitié des répondants sont prêts à délier les cordons de leurs bourses pour disposer de cette information, alors que l’autre moitié refuse catégoriquement cette taxe à la transparence.


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