Maison du partage d'Youville - Une banque alimentaire menacée de fermeture à la veille des Fêtes
Mots clés : banque alimentaire, Marguerite Blais, Maison du partage d'Youville, Alimentation, Montréal
«Personne d'entre nous n'a envie de se retrouver avec un frigo complètement vide»
La famille de Myriam Kelso a ses aises à la Maison du partage d'Youville où elle a trouvé bien plus qu'une banque alimentaire. Mais à moins d'un retournement de dernière minute, celle-ci devra faire comme des centaines d'autres ménages et mettre une croix sur ce baume devenu essentiel.Techniquement, la direction s'apprêtait à mettre la clé sous la porte aujourd'hui même, à défaut de pouvoir mettre la main sur les 60 000 $ nécessaires pour couvrir les frais de la ressource jusqu'au 31 mars 2008. La ministre Marguerite Blais a toutefois réussi à rassembler 23 000 $ qui lui permettront de reporter la fermeture de quelques semaines encore. Un «cadeau de Noël inespéré» mais insuffisant pour sauver la banque.
La perspective est d'autant plus crève-coeur que l'organisme ne manque pas d'aliments, ni de vêtements ou de meubles d'ailleurs. «En fait, nous sommes encore capables de les livrer et nous pouvons encore offrir du soutien psychosocial et des activités éducatives. Mais on n'a plus rien dans nos coffres pour payer le loyer et assurer le financement de l'infrastructure», explique la directrice générale de la banque, Madeleine Daoust.
Pour les centaines d'habitués, réguliers ou non, cette perspective est tout simplement alarmante. «Avec les revenus que nous avons et le loyer que nous payons, personne ne pourra prendre la chose à la légère et aller à l'épicerie acheter ce que la Maison nous procurait. Et personne d'entre nous n'a envie de se retrouver avec un frigo complètement vide. Juste d'y penser, c'est désespérant», raconte Myriam Kelso.
Elle n'est pas la seule à s'en inquiéter. Si la Maison doit se résoudre au pire, 370 familles perdront leurs soupapes de sécurité et 1700 autres ne pourront plus s'habiller et se meubler convenablement. Sans oublier tous ceux qui frappent à la porte de la Maison en situation d'urgence. «Quand quelqu'un arrive chez nous et dit: "j'ai faim!", on se rend compte que ça n'est généralement que la pointe de l'iceberg», confie la directrice générale.
Briser l'isolement
Tous ceux qui demandent de l'aide ont donc accès à des denrées de première nécessité, mais aussi à un suivi étroit et personnalisé. À la Maison du partage d'Youville, l'objectif est d'abord d'outiller les gens afin de les aider à améliorer concrètement leurs conditions de vie. Ceux-ci sont également invités à prendre part aux activités de la banque, à titre de bénévoles.
C'est justement de cette manière que Pierre Bourdon est devenu un des bons samaritains qui donnent son coeur et son âme à la Maison d'Youville. Auparavant, il lui aura fallu passer par une véritable descente aux enfers. «C'est la Maison du partage qui m'a aidé à recommencé à vivre. Maintenant, je suis en processus pour réintégrer le marché du travail et je m'implique régulièrement pour redonner un peu de ce que j'ai reçu.»
Mais pour que M. Bourdon puisse continuer à donner au suivant, la direction de la banque aurait besoin d'un montant de 250 000 $ par an. Or, même si on réunit la subvention du ministère de la Santé et des Services sociaux, l'allocation de Centraide -- qui a fondu de 22 000 $ en 2006 -- et les dollars amassés dans la communauté, le trou béant de 60 000 $ reste intact.
La direction espère toutefois que le temps des Fêtes saura inspirer des solutions porteuses. Elle fonde aussi un peu d'espoir dans la député de Saint-Henri-Sainte-Anne. Marguerite Blais s'est en effet engagée à revenir à la charge en janvier afin de trouver un moyen de sauver cette banque, qui dessert les quartiers de Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri et Petite-Bourgogne.
Si Québec consent à délier les cordons de sa bourse, il faudra toutefois que cela se fasse en surplus, a prévenu Mme Daoust. «Si jamais on décidait de financer notre organisme à la hauteur de nos besoins, il ne faudrait pas que cela se fasse aux détriments des autres organismes, comme c'est arrivé dans le passé.»
La Maison du partage d'Youville est un organisme à but non lucratif qui compte cinq salariés, 55 bénévoles et 56 participants aux programmes de travaux compensatoires. Elle compte sur un réseau solide de donateurs, dont 15 en alimentation et cinq fournisseurs de vêtements ou de meubles. Elle a aussi l'appui d'un peu plus de 200 donateurs particuliers.
Vos réactions
Mireille Grenier, intervenante. - par lili sauvageau (cartel911@hotmail.com)
Le vendredi 21 décembre 2007 19:00
Largent est devenu le seul objectif - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le vendredi 21 décembre 2007 11:00
Urgence d'agir! - par Parisien Jaque
Le vendredi 21 décembre 2007 06:00

