La pénurie de main-d'oeuvre ralentira la croissance
Mots clés : Conference Board du Canada, main-d'oeuvre, Main d'oeuvre, Canada (Pays)
D'ici 2030, il manquera 363 000 travailleurs au Québec pour combler les besoins

Photo: Jacques Grenier
Causes connues
Les causes de ce problème sont bien connues. L'arrivée de la plus grosse cohorte démographique à l'âge de la retraite ainsi que des «taux de fécondité inférieurs à la moyenne nationale [...] entraîneront un important déficit de main-d'oeuvre à long terme, plus rapidement au Québec que dans d'autres provinces, elles-mêmes déjà aux prises avec des marchés du travail surchauffés», rappelle-t-on.
Certains secteurs se plaignent déjà d'avoir du mal à trouver les travailleurs nécessaires à leur développement, note le Conference Board. Le problème commencera à se généraliser d'ici 2010. Si les tendances se maintiennent, l'économie québécoise accusera un déficit de 292 000 travailleurs d'ici 2025. Ce chiffre pourrait grimper à 363 000 lorsque la crise atteindra son point culminant, vers 2030.
Dans les faits, les entreprises n'auront pas le choix d'adapter leurs pratiques et leurs stratégies, précise l'auteure du rapport. Elles augmenteront notamment les salaires pour attirer et retenir la main-d'oeuvre. Elles ont d'ailleurs déjà commencé à le faire. Cette année, les salaires totaux par employé devraient avoir augmenté de 4,3 % en moyenne, soit presque trois fois le taux d'inflation au Québec. Les entreprises investiront aussi de plus en plus dans de nouveaux moyens de production susceptibles d'accroître leur productivité.
Ces efforts ne suffiront toutefois pas à compenser pleinement un bassin de main-d'oeuvre dont la contribution à l'expansion économique sera nulle à compter de 2020. La vigueur de l'économie québécoise s'en ressentira grandement. Parti de 2,9 % par année entre 1996 et 2000, le taux de croissance potentiel du Québec est évalué à 2,3 % de nos jours. Il devrait avoir chuté aux alentours de 2 % dans moins de dix ans et ne plus être que de 1,5 % en 2026-30.
Les chances du Québec de renverser les tendances démographiques apparaissent bien minces. Une hausse significative des naissances a bien été observée au Québec depuis 2006, reconnaît le Conference Board. La conjoncture économique favorable et le nouveau programme québécois de congés parentaux y sont peut-être pour quelque chose. Il est toutefois trop tôt pour dire si cette tendance durera. Si le passé est le garant de l'avenir, «cette nouvelle tendance est probablement passagère et s'estompera».
Dans ces circonstances, «l'immigration nette deviendra le principal moteur de la croissance démographique» au cours des prochaines années, dit le rapport. On peut d'ailleurs s'attendre à ce que la migration internationale annuelle nette augmente au Québec d'une moyenne de 34 400 immigrants en 2006 à 54 150 en 2030. Il faut toutefois aussi prévoir qu'une moyenne de 11 839 personnes partiront chaque année vers d'autres provinces.
Il n'y en aura pas de facile
«Il n'existe pas de solution simple à la pénurie de main-d'oeuvre imminente au Québec», fait immédiatement savoir le Conference Board. Un premier type de stratégie consisterait à accroître la productivité des travailleurs qu'on a déjà sous la main. Pour y arriver, «il faudrait, par exemple, améliorer les programmes de formation, faciliter l'accès à l'éducation de groupes qui se caractérisent habituellement par de faibles niveaux d'obtention de diplômes et accorder un soutien financier à l'investissement dans les nouvelles technologies», dit le rapport.
Québec a déjà créé des programmes d'aide financière et de reconnaissance des qualifications des travailleurs dans le secteur manufacturier. Il pourrait aussi, par exemple, mettre sur pied des programmes «d'alphabétisation littéraire et numérique» en milieu de travail pour aider l'intégration de nouvelles technologies de production. «Des crédits d'impôt pourraient aussi être accordés pour une foule d'autres mesures, comme le développement et l'utilisation de nouvelles sources d'énergie, le recrutement d'employés pour la recherche et le développement et l'adoption de technologies de pointe dans les PME.»
Reconnaissance des compétences
Un deuxième type de stratégie viserait à accroître le taux d'emploi de la population québécoise, à commencer par les immigrants, en accélérant la reconnaissance de leurs compétences professionnelles, en leur offrant des cours de français de niveaux plus élevés et en accordant plus facilement des permis de travail temporaires aux immigrants hautement qualifiés. Plus d'efforts devront aussi être faits pour attirer les travailleurs des autres provinces, par exemple en les rendant plus rapidement admissibles aux programmes sociaux comme l'assurance maladie.
On devra aussi «mieux utiliser les employés au potentiel sous-utilisé, en particulier les travailleurs plus âgés, les autochtones et les femmes», dit le Conference Board. Il n'est pas normal que les Québécois soient encore aujourd'hui les travailleurs qui prennent leur retraite le plus tôt au Canada. Quant aux 67 000 autochtones du Québec, ils sont plus jeunes, ont plus d'enfants et restent pourtant en marge de l'économie québécoise.
Ce ne sont là que quelques propositions pour réduire les dommages que risque d'infliger la pénurie de main-d'oeuvre au cours des prochaines années, note le Conference Board dans son rapport. «Sans doute le Québec devra-t-il agir parallèlement sur tous ces fronts.»
Vos réactions
@ Sylvain Racine - par Gilles Bousquet
Le vendredi 21 décembre 2007 13:00
Et on dira : vive le Quebec pas libre - par Sylvain Racine
Le jeudi 20 décembre 2007 17:00
Mince consolation - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le jeudi 20 décembre 2007 16:00
Bien sûr monsieur Lavallée - par Christine Lapierre
Le jeudi 20 décembre 2007 14:00
La vraie solution - par Raymond Saint-Arnaud
Le jeudi 20 décembre 2007 14:00
Et l'adoption interne? - par Francois Lavallée
Le jeudi 20 décembre 2007 10:00
Le Québec n'est pas sur la bonne voie. - par Amadeus Olivier
Le jeudi 20 décembre 2007 09:00
Faisons la souveraineté! - par Etienne Merven (emerven@sympatico.ca)
Le jeudi 20 décembre 2007 09:00
Voici LES solutions ! - par Gilles Bousquet
Le jeudi 20 décembre 2007 08:00
Encore de la bouillie pour les chats - par jacques noel
Le jeudi 20 décembre 2007 08:00
vers l'appauvrissement... - par Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Le jeudi 20 décembre 2007 06:00
Les chanceux - par Claude Archambault (archbroca@videotron.ca)
Le jeudi 20 décembre 2007 00:00

