Alcool au volant: la norme de 0,05 échoue au test
Mots clés : Alcool, cellulaire, Julie Boulet, Québec (province)
Québec -- Les Québécois pourront continuer comme avant de prendre un verre ou deux avant de prendre le volant, et ce, en toute légalité. Mais ils devront laisser le cellulaire bien rangé lorsqu'ils conduisent et surveiller de près les radars photos.
Le projet de loi 42, un des plus controversés de la présente session parlementaire, a franchi hier soir l'étape de l'étude article par article. Normalement, après avoir perdu quelques plumes, il devrait être adopté aujourd'hui.
Dès le début de l'étude du projet de loi, péquistes et adéquistes avaient exprimé des réserves sur le volet du projet de loi touchant le taux d'alcoolémie. Ils jugeaient que Québec visait la mauvaise cible et aurait plutôt dû s'en prendre aux récidivistes de l'alcool au volant et laisser en paix les buveurs sociaux.
En désespoir de cause, craignant que son projet de loi ne meure au feuilleton, la ministre Boulet avait présenté un amendement vendredi prévoyant reporter l'application de la loi de deux ans -- de 2008 à 2010. Mais cette ultime concession a été rejetée par les deux partis d'opposition.
Dans ses remarques de clôture, la ministre Boulet s'est montrée «extrêmement déçue» de constater que les articles relatifs au taux d'alcoolémie au volant ne passaient pas la rampe. «Pour nous, chaque vie humaine compte», a-t-elle dit, en rappelant qu'en 2006 deux personnes étaient mortes chaque jour sur les routes du Québec et que, parmi elles, certaines avaient dans le sang entre 0,05 et 0,08 mg d'alcool par 100 ml de sang.
Les facultés affaiblies au volant sont reliées à 200 décès par année au Québec.
La ministre s'en est particulièrement prise au porte-parole de l'opposition officielle, le député adéquiste de Blainville, Pierre Gingras, qui contestait trois mesures importantes du projet de loi: la réduction du taux d'alcool permis, les radars photos et l'interdiction du cellulaire au volant. La majorité des groupes entendus en commission parlementaire étaient en faveur d'un resserrement des normes relatives à l'alcool au volant, a fait valoir la ministre. Parmi les opposants figuraient les tenanciers de bars et les restaurateurs.
S'il avait été adopté tel que présenté, le projet de loi aurait eu pour effet de faire perdre au contrevenant son permis de conduire pendant 24 heures.
«Nous, on y croyait», a dit Mme Boulet, dans ses remarques finales.
Les autres volets du projet de loi ont été mieux reçus par l'un ou l'autre des partis d'opposition et ont donc pu être adoptés. À compter d'avril 2008, le cellulaire serait donc interdit au volant, mais le téléphone mains libres demeurerait permis.
Pour réduire la vitesse, Québec mènera par ailleurs des projets-pilotes de radars photographiques, dans une quinzaine de villes.
Le projet de loi 42 modifie le Code de la sécurité routière et le Règlement sur les points d'inaptitude. Le montant des amendes sera revu à la hausse, de même que la possibilité de perdre des points d'inaptitude en cas d'excès de vitesse. Les jeunes conducteurs, plus souvent que les autres impliqués dans des accidents, sont les premiers visés.

