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Du réchauffement à la stabilisation climatique

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Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 18 décembre 2007 09:00



Je dois d'abord lever mon chapeau à M. Francoeur qui fait un travail remarquable dans ce dossier pour le moins complexe et difficile pour ceux qui ne se sont jamais vraiment renseignés sur les données scientifiques impliquées. D'où la tentation pour certains de réagir de façon épidermique en nous servant «ad nauseam» la thèse du méchant Bush et de son tapis de porte Harper.

Je vois que le langage a évolué dans ce domaine. On parlait jusque tout récemment de «réchauffement de la planète» comme effet de l'augmentation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère terrestre. Est-ce l'influence de scientifiques comme Hubert Reeves, le terme consacré est maintenant celui de «changements climatiques» et de «bataille du climat». Je vois là une belle façon de contrer les «sceptiques» du premier degré qui rigolent en voyant notre hiver canadien commencer en force dès la mi-décembre. Oui des hivers plus froids pourront encore avoir lieu chez nous, et même en Europe, surtout si le «Gulf Stream» continue de perdre de son intensité, ce qui est prévisible si les pays développés continuent de se traîner les pieds en environnement.

J'ai quand même un bémol sur l'acceptation à l'arraché par les États-Unis de mesures différenciées pour les pays en voie de développement. Leur raisonnement jusqu'ici n'était pas complètement farfelu. Oui, il est vrai que ce ne sont ni la Chine ni l'Inde qui ont causé ce dérèglement climatique issu principalement de l'industrialisation massive depuis plus d'un siècle. Il serait donc normal que les responsables du dérèglement climatique actuel soient mis à plus forte contribution que les pays en émergence qui ne font que commencer à polluer. Mais nous sommes tous dans le même bateau. Et bientôt ce seront l'Inde et la Chine les plus grands pollueurs de la planète. À trop chercher les coupables du passé, ne risque-t-on pas de manquer le tournant du présent et de l'avenir ? J'avoue que cette question me turlupine. Et je ne vois pas comment le fait de vouer Bush et Harper aux gémonies pourrait régler le problème de demain. Allons-y donc de mesures différenciées, mais sachons éclairer suffisamment les décideurs chinois et indiens, pour qu'ils se sentent motivés de faire leur part qui devra être à la mesure de ce qu'ils font de plus en plus subir au climat de notre planète.

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