Changement mineur pour l'usage du Taser
Mots clés : Gendarmerie royale du Canada, séurité, Taser, Électricité, Canada (Pays)

Photo: Agence France-Presse
La direction du corps policier a publié dans son bulletin aux employés les changements de politiques d'opération et les inclura dans les futurs entraînements des policiers.
Mais un porte-parole de l'auteur du rapport affirme que les nouvelles règles ne sont pas différentes des anciennes, et qu'elle ne feront rien pour décourager un usage abusif de ces armes.
«Nous sommes moins qu'heureux [de la nouvelle politique] parce qu'ils ne s'attardent pas au fait que nous voulions que [le Taser] soit classé en tant qu'arme à impact destinée à une situation combative», a dit Nelson Kalil, un porte-parole de la Commission des plaintes du public (CPP) contre la GRC.
«C'est encourageant de voir qu'ils admettent que son utilisation est inappropriée dans des situations de résistance passive, c'est un premier pas. Mais quant à savoir où son utilisation intervient dans l'escalade des moyens [...] nous ne croyons pas qu'ils vont assez loin. Nous sommes déçus de ces mesures parce qu'elles ne respectent pas nos recommandations.»
Le commissaire de la GRC, William Elliott, a déclaré lors d'une conférence de presse hier que les changements «définissent plus clairement l'usage de la force [...] et clarifient que dans certaines situations -- y compris, je dirais, des situations pendant lesquelles le Taser a été utilisé dans le passé --, son utilisation n'est pas appropriée».
«La réalité, a-t-il ajouté, est que l'évaluation des situations sur le terrain demeure passablement subjective.»
La CPP avait suggéré que la GRC mette un frein à son utilisation croissante du Taser. Le rapport de 53 pages de Paul Kennedy soutenait que le Taser à 50 000 volts devait être utilisé uniquement lorsque les suspects sont combatifs ou risquent de blesser ou de tuer quelqu'un.
Lobbyiste
Un stratège électoral conservateur et un ancien conseiller aussi bien du premier ministre Stephen Harper que du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, a été embauché comme lobbyiste par Taser International quand l'utilisation de ces pistolets électriques a commencé à faire l'objet d'un examen serré.
Le consultant Ken Boessenkool a inscrit Taser, une firme de l'Arizona, au nombre de ses clients le 28 novembre, deux semaines après que la diffusion d'une vidéo de la mort de l'immigrant polonais Robert Dziekanski eut provoqué un émoi international.
M. Boessenkool a refusé de répondre aux questions des journalistes, renvoyant toutes leurs questions au service des relations publiques de Taser.
Mais le porte-parole libéral en matière de sécurité publique, Ujjal Dosanjh, a déclaré que les liens entre M. Boessenkool et le ministre Day explique «l'absence» de ce dernier du débat qui a entouré l'innocuité du pistolet électrique.
Une porte-parole de M. Day a toutefois indiqué que le ministre n'a rencontré ni M. Boessenkool, ni un représentant de Taser International.

