Exposition - Les trésors de Sicán au Musée canadien des civilisations

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Anne Michaud
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 décembre 2007

Mots clés : Musée canadien des civilisations, Sicán, Culture, Pérou (pays), Canada (Pays)

Les Sicaniens étaient des métallurgistes exceptionnels, capables de transformer l'or en des feuilles sans faille et d'une incroyable minceur. Par exemple, ce masque du seigneur de Sicán, aux lignes délicatement tracées pour former le nez et les yeux, a été magistralement tiré d'une seule feuille d'or de 14 carats, d'à peine 0,6 mm d'épaisseur.

Cet hiver, le Musée canadien des civilisations (MCC) nous invite à découvrir la civilisation des Sicaniens, peuple oublié du Nord-Ouest du Pérou.

À la fin des années 70, l'archéologue d'origine japonaise Izumi Shimada s'intéressa à une région du Nord des Andes péruviennes, où il découvrit les traces d'une civilisation inconnue, distincte des Moches, qui l'avait précédée, et des Chimus et des Incas, qui l'avaient suivie. Il lui donna le nom de Sicán, mot qui servait localement à désigner le site de ce qui semblait être la principale cité de cette civilisation.

Depuis l'époque de la conquête espagnole et surtout depuis les années 1930, la région de Sicán avait fait l'objet de pillages intensifs. Certains pilleurs modernes avaient même effectué des fouilles à coups de bulldozer, dans l'espoir de mettre la main sur l'une des chambres funéraires remplies de trésors qui abondaient dans la région. Les objets mis au jour dans ces fouilles sauvages ont été éparpillés à travers le monde, dans des musées et des collections privées, et ont généralement été associés à tort aux Incas.

Dans ces circonstances, les chances de découvrir une tombe intacte étaient inversement proportionnelles à l'intérêt qu'une telle découverte représentait pour les archéologues. Les résultats obtenus par Izumi Shimada au début des années 90 furent donc accueillis avec stupéfaction. Dans deux tombes, enfouies à 11 mètres de profondeur, M. Shimada découvrit près de 1,2 tonne d'objets, dont plusieurs pièces d'orfèvrerie remarquables.

Les 120 artefacts exposés au Musée canadien des civilisations démontrent que les Sicaniens avaient inventé et raffiné des techniques de travail du métal d'une très grande précision. Mélangeant l'or à l'argent et au cuivre, ils produisaient des alliages qui leur permettaient de confectionner des objets très délicats, tels que des masques et des coiffures décorés de plumes, de disques d'or et d'autres ornements mobiles, qui brillaient et cliquetaient au moindre geste de la personne qui les portait. Ils avaient aussi perfectionné leurs techniques de céramiste, au point où ils arrivaient à produire des céramiques noires aussi polies que du métal, dont ils faisaient le commerce avec les peuples voisins. De plus, de nombreux objets de bronze arsenical viennent appuyer la théorie selon laquelle ce seraient les Sicaniens qui auraient fait entrer le Nord du Pérou dans l'âge du bronze.

Montée et mise en tournée par le Nickle Arts Museum de Calgary, en collaboration avec le Musée national de Sicán et l'Institut national de la culture du Pérou, l'exposition Richesses du Pérou - Secrets d'une civilisation disparue a été présentée à Calgary et Toronto avant d'arriver à Gatineau, où elle sera à l'affiche jusqu'au 27 avril 2008. Elle fera ensuite un dernier arrêt à Halifax, puis les trésors de Sicán reprendront le chemin du Pérou.

Collaboratrice du Devoir

- www.civilisations.ca.


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Fascinant Pérou - par Gabriel RACLE
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