À voir à la télévision le mercredi 19 décembre - La belle et le bêta

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André Lavoie
Édition du samedi 15 et du dimanche 16 décembre 2007

Mots clés : animation, Cinéma, États-Unis (pays)

J'en connais plusieurs qui ne voudront pour rien au monde manquer les péripéties -- et les flatulences... -- de l'ogre Shrek. Même, et surtout, s'ils les connaissent déjà par coeur.

Preuve de cette fidélité enthousiaste, les deux autres épisodes de ses aventures pulvérisaient tous les records au box-office et, si les créateurs de ce gros bêta ont poussé encore plus loin la virtuosité technique, ils n'étaient peut-être pas aussi irrévérencieux que dans ce premier épisode signé, en 2001, par Andrew Adamson et Vicky Jenson. Car cette production des studios DreamWorks décoche quelques flèches en direction de la grande rivale Disney, à commencer par cet «envahissement» de personnages jugés indésirables dans le marécage de Shrek et qui ont, curieusement, fait la fortune, sur grand écran, de la vénérable institution. De Blanche-Neige à Pinocchio en passant par les trois petits cochons, ils troubleront jusqu'à la nuit des temps la quiétude du bonhomme vert, à moins qu'il ne délivre la princesse Fiona, prisonnière d'un méchant (?) dragon.

Tout cela semble bien sérieux, mais rarement a-t-on vu une telle avalanche de blagues qui, et c'est là la grande force du film, s'adresse à tous les publics... mais pas nécessairement au même moment. Références vaguement psychanalytiques ou carrément sexuelles, chansons à succès qui ne diront pas grand-chose à la génération Passe-partout, parodies d'émissions de télévision qui, dans un cadre pseudo-médiéval, ont de quoi détonner, Shrek représente une formidable encyclopédie de culture populaire doublé d'une histoire d'amour aussi intense que délirante. Avec tous ces clins d'oeil qui n'ont rien à envier à un épisode des Simpson, le film risque de vieillir plus vite que certaines productions Disney, mais c'est peut-être le prix à payer pour se démarquer. Pour le moment, DreamWorks ne regrette pas de loger à cette enseigne.

Cinéma / Shrek - Radio-Canada, 20h


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