L'économie canadienne tient bon mais...

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

La Presse canadienne
Édition du vendredi 14 décembre 2007

Mots clés : économie canadienne, Économie, Canada (Pays)

Ottawa -- L'économie canadienne est vigoureuse, à l'approche de la nouvelle année, mais des analystes affirment que cet élan est menacé par des problèmes du côté du marché du crédit, de la productivité et de certaines parties du secteur manufacturier.

Deux bilans publiés par Statistique Canada, hier, témoignent d'un ralentissement de la productivité et d'une performance mitigée dans le secteur manufacturier, tandis que des économistes de la Banque TD préviennent que les problèmes des marchés du crédit sont plus graves que ce qui avait d'abord été estimé.

«Nous nous dirigeons vers la nouvelle année avec une belle vigueur, mais l'économie ralentit, a affirmé l'économiste Adrienne Warren, du service des études économiques de la Banque Scotia. Je crois que plus nous avancerons dans l'année prochaine, plus les risques menaçant la croissance du Canada vont augmenter.»

Dans l'ensemble, au pays, la productivité du travail a augmenté de 0,2 % durant le troisième trimestre, qui correspond avec la période estivale. La croissance est venue du seul secteur des services, alors qu'un recul se produisait quant au nombre d'heures travaillées dans la fabrication, a indiqué Statistique Canada.

Le taux de croissance de la productivité, au troisième trimestre, était identique à celui du deuxième trimestre, et en baisse comparativement au taux de 0,6 % affiché durant la première période de trois mois de l'exercice en cours.

Le plus récent résultat est aussi loin derrière celui des États-Unis, où la productivité a enregistré une progression de 1,6 % au troisième trimestre. Au Canada, la productivité dans la fabrication a accusé un déclin de 0,6 % au troisième trimestre, alors que la production fléchissait de 0,7 %, souffrant de la hausse du dollar canadien.

Les heures travaillées consacrées à la fabrication ont reculé de 0,1 % au troisième trimestre, ce qui constitue un sixième trimestre consécutif de baisse. Les coûts de main-d'oeuvre par unité de production, baromètre des pressions inflationnistes sur les salaires, ont ralenti dans les entreprises canadiennes au troisième trimestre, ayant augmenté de 0,3 %, comparativement à la hausse de 0,7 % affichée au trimestre précédent.

Secteur manufacturier

Dans un autre bilan, Statistique Canada a constaté que le secteur manufacturier avait connu un légère progression, en octobre, même s'il lui a fallu faire face à un dollar canadien dont la valeur était égale à celle de la devise américaine pour la première fois depuis près de 30 ans. Selon l'organisme fédéral, les ventes des fabricants ont progressé de 0,1 % en octobre, après avoir diminué pendant cinq des six mois précédents.

Les ventes de produits fabriqués ont augmenté de 38 millions pour se chiffrer à 50,2 milliards, en hausse par rapport à 50,1 milliards en septembre.

De leur côté, les économistes de la Banque TD ont affirmé, dans leur analyse trimestrielle des perspectives économiques, que le resserrement des conditions du crédit allait accentuer la faiblesse actuelle du marché immobilier américain, ce qui se traduira par une baisse des dépenses de consommation. «La croissance économique du Canada va ralentir de façon concrète lors des trimestres à venir», a déclaré en entrevue Craig Alexander, économiste en chef adjoint de la Banque TD.

«Le côté national de l'économie canadienne va probablement demeurer solide», a-t-il cependant ajouté.

L'institution a réduit ses attentes quant à la croissance économique des États-Unis, l'an prochain, abaissant sa prévision de plus d'un demi-point de pourcentage, à 1,8 %, tandis qu'elle estime qu'un ralentissement affligera le taux de croissance de l'économie mondiale, qui devrait être de 4,2 %, en baisse d'un point. Pour le Canada, la vigueur du dollar, la faiblesse de la demande internationale et un ralentissement de l'activité de l'économie intérieure devraient se traduire par une croissance de 1,9 % en 2008.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com