Déglaçons-nous la glotte !
Mots clés : Cabernet Sauvignon, Chablis 2006, Valpolicella Classico Superiore Ripasso, Alcool, France (pays)
Non mais faut-il être noué du boyau pour commander à votre barman préféré la concoction blanchâtre à base de biotope et de polyphénols proposée par cette publicité télévisée vantant les bienfaits d'un produit dérivé du yogourt! Faut-il aussi être en panne d'imagination pour draguer la fille d'à côté avec ladite substance! Reconnaissons toutefois qu'avec seulement 0,05 % de matières grasses, vous pouvez ensuite prendre la route non seulement avec les idées claires mais aussi avec les intestins libres, quand ce n'est pas avec la fille dans vos bras! Laissons tomber les biotopes cette semaine et déglaçons-nous la glotte en optant pour ces polyphénols qui assurent une digestibilité sans faille en matière de vins. Suite la semaine prochaine, avec bulles et autres jajas.
La mise en bouche
La Segreta 2006, Planeta, Sicile (16,40 $, n° 898296): ce rouge moderne amorce le client comme l'hameçon son poisson, à cette différence près qu'ici, l'amateur est drôlement consentant! Un mélange explosif de cerise, de fumée et de réglisse, livré sur une trame de tanins frais et gommés qui gagnent encore plus en fraîcheur sur la finale. Une pasta alla matriciana (oignon, olives noires, câpres... ) fera l'affaire ici, mais carafez-le. ***, 1. Baron d'Ardeuil 2003, Buzet (17, 30 $, n° 446187): les vignerons de Buzet poursuivent sur leur lancée avec un 2003 dont ils ont préservé non seulement la fraîcheur et l'intégrité fruitée mais aussi une justesse de ton et une jeunesse évidente, tout ça malgré un degré d'alcool à la hausse. Fruité plein sur une trame boisée finement structurante. Idéal sur une bavette grillée. ***, 1.
La consistance
Le Poiane 2005, Valpolicella Classico Superiore Ripasso, Bolla (20,40 $, n° 135293): ce rouge lisse et savoureux, au fruité joufflu de prune et de cerise, a si bien accompagné le ragoût de lotte aux tomates et aux poivrons rouges que j'en suis encore baba de bonheur. Un fondant lié tout à la fois à la fibre du poisson et à celle du vin, couplant fraîcheur et saveur à l'aimable complicité tannique. ***, 1. Château Castera 2001, Médoc (23 $, n° 10794879): l'occasion est belle de savourer ici un médoc à son apogée dans un millésime qui démontre une jolie complexité au fil des ans. Le bouquet est large, alliant des nuances animales de cuir, de cèdre et de prune à des saveurs fraîches, fondues et homogènes. Un grand classique à servir sur le rosbif du dimanche. ***, 1. Cape Mentelle Cabernet Merlot 2004, Margaret River (28,55 $, n° 10209570): l'évolution se fait déjà sentir sur la trame relâchée, fraîche et épicée de cet assemblage judicieux et parfaitement orchestré. Tanins sucrés fondus, vinosité porteuse de saveurs qui s'étirent sans jamais se rompre, le tout culminant sur une finale de cuir frais. Devrait convenir sur un bourguignon après un passage en carafe. ***1/2, 1.
Les gros joueurs à passer en carafe
Tavernelle 2004, Cabernet Sauvignon, Castello Banfi (37,50 $, n° 879973): je dois admettre que ce Tavernelle transcende ici son cépage pour rejoindre l'élite des vins de terroir. Haute définition aromatique, saveurs découpées à la perfection, fraîches, élégantes, mûres et mesurées, le tout élevé dans une futaille qui confère une pointe de race supplémentaire. Grande bouteille de cave. ****, 2. Quinta da Gaivosa 2003, Douro (46,50 $, n° 883462): l'effet millésime se fait évidemment sentir mais s'intègre au caractère minéral et «chauffé» du terroir local en lui ajoutant une pointe fruitée à peine plus décadente qu'à l'ordinaire. Bouquet ample et capiteux, flaveurs charnues aux nuances d'anis étoilé multipliant les épaisseurs fruitées comme les schistes superposés accrochés aux terrasses du Douro. Sur un fromage fort. ****, 2, à carafer. Arzuaga Reserva 2001, Ribera del Duero (55 $, n° 902841): ce rouge hors norme régalera non seulement les aficionados de vins espagnols mais aussi ceux qui s'abreuvent aux vins du Nouveau Monde. Un vin somptueux, au bouquet ample et profond, élevé avec maîtrise, offrant au palais une somme de tanins mûrs et moelleux, denses et racés. Longue finale. Grand vin de méditation. ****, 1/2, 3.
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La vinterrogation de la semaine
«Je constate souvent que le bouchon de champagne que je retire de la bouteille a la même forme que celui d'une bouteille de vin. Est-ce sa forme normale?»
Josée Brodeur, Saint-Lambert
L'observation du bouchon a toute sa pertinence ici. Grosso modo, un bouchon qui cheville comme celui que vous proposez témoigne d'une date de dégorgement (action d'éjecter les lies fines pour reboucher ensuite en complétant avec du vin) qui n'est pas récente (parfois avec un léger risque oxydatif), alors qu'à l'inverse, un bouchon qui jupe, donc qui retrouve son élasticité première, annonce un dégorgement plus récent.
Optez pour les succursales dont le roulement de mousseux est assez élevé afin de saisir des produits de première fraîcheur.
- Posez vos questions sur www.jeanaubry.typepad.com/ledevoir.
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Les vins de la semaine
La belle affaire
Buzet Carte d'Or 2005, 12,95 $, n° 236646
Ce rouge que vous connaissez bien offre fluidité et fraîcheur sur un ensemble au fruité mûr, peu corsé mais tout de même bien construit. Un classique à servir sur des viandes froides ou un bon club sandwich. 1.
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Le moelleux
Château Jolys Cuvée , Jean 2004, Jurançon, 24,55 $, n° 913970
La démarche est sur pointe, la tête dans les nuages, tant ce moelleux joue de légèreté, de nuances et de subtilités. Joli nez floral doucement miellé développant lentement sur la marmelade d'orange avec, en filigrane, une nervosité qui titille et porte la grâce en elle. J'oserais le servir à l'apéro avec de fines lamelles de foie de canard. 2.
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La primeur en blanc
Sancerre 2006, Pascal Jolivet, 25,95 $, n° 528687
Ce 2006 me semble mieux réussi que le 2005, pourtant de haut niveau. Très différent toutefois. La maturité apporte ici au fruité une largeur, une épaisseur, une idée de gourmandise immédiate, peut-être au détriment de la verve minérale liée au terroir, mais diable que c'est bon! Et drôlement sexy avec ça! 1.
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La primeur en rouge
Hunyady 2004, Kekfrankos Kethely, Hongrie, 18,50 $, n° 10791329
Un chouïa trop cher, mais quel plaisir de vin! Comme un éclat de rire d'enfant au petit matin, avant le biberon. En fait, ce rouge sec et léger se boit comme du p'tit lait en raison de la souplesse de son fruité de cerise et de la très fine trame de tanins qui demeurent vivants jusqu'en finale. À découvrir pour son originalité sur un goulasch pas trop relevé. 1.
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Le vin plaisir
Redstone Shiraz 2004, McLaren Vale, Coriole Vineyards, 20,50 $, n° 10831300
Nos amis australiens ont fait un bout de chemin depuis la production de sirop boisé à l'eucalyptus! Ce Redstone éclate sous un fruité de cerise qui conserve ici une troublante jeunesse. Les saveurs sont liées avec vitalité et précision, en plus d'une maturité qui n'est jamais excessive. Plutôt simple, mais quel régal! 1.
- Potentiel de vieillissement du vin 1: moins de cinq ans; 2: entre six et dix ans; 3: dix ans et plus.
- Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2008 - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $.
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