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Le clientèlisme

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rodolphe bourgeoys
Envoyé Le jeudi 13 décembre 2007 12:00



Il me semble qu'au Canada (et probablement dans le reste du monde dit démocratique), nous n'avons pas vraiment une démocratie mais plutôt un régime de clientèlisme implicite.

Le clientèlisme désigne cette organisation sociale et politique dans laquelle des gens accordent leur aide et leur loyauté à un "patron" qui doit leur accorder des faveurs et sa protection en échange. Le réseau ainsi formé est en quelque sorte une petite corporation. Un exemple dégradé, "cheap" mais qui aide à vulgarisé le concept pourrait être ces bars qui acceptent la présence des revendeurs d'une organisation criminelle et en échange obtiennent la protection de cette organisation et son service de maintient de l'ordre. Le clientèlisme est répandu notamment en Afrique et en Amérique latine et l'était en Europe au Moyen-âge.

Quand on regarde de près la politique canadienne et québécoise, on peut se demander si nous avons vraiment une démocratie ou plutôt un régime de clientèlisme. Pensons à l'importance qu'accorde les candidats politiques à plaire à des leaders d'opinion tels les les leaders de groupe d'intérêts. Par exemple, le laxisme face aux syndicats et aux groupes représentant divers groupes "défavorisés" tels les pauvres, les aînés, les enfants (on s'exprime toujours à leur place) et les minorités ethniques a empêché une saine gestion des finances publiques à une époque où cela aurait pû se faire sans trop de souffrance. La dette et les déficits se sont accumulés et quand on s'est décidé à les contenir à la fin des années 90, on a dû le faire dans la souffrance. Notons que la faiblesse caractérielle du leadership des gouvernments Mulroney et Bourassa est très exemplaire de ce que je dénonce ici. Des politiciens qui veulent plaire aux groupes en tous genres et qui arosent ces groupes de dépenses généreuses pour gagner les élections. Nous, les jeunes, devrons payer la dettes qu'ils nous ont laissés. Tout se passe comme si les politiciens devaient gagner non pas les individus votants, mais des patrons d'opinion qui leur promettent des blocs de votes: bloc des syndiqués, bloc des femmes, bloc des aînés, blocs des minorités culturelles, etc. Ce serait très condescendant de la part des politiciens et des leaders d'opinion d'infantilisés ainsi les électeurs, mais on dirait bien que c'est comme cela qu'ils pensent. C'est probablement à ce clientèlisme que réfèrait Parizeau lors de sa célèbre remarque sur l'argent et le vote ethnique. Son vrai péché n'a pas été celui de discrimination mais plutôt d'exposer des leaders qui doivent tout ce qu'ils ont au fait qu'ils se constituent ou tentent de se constituer en corps intermédiaires. C'est probablement aussi cette dynamique de faiblesse politicienne qui a mené à la souffrante crise des "accommodements raisonnables" (qui, pour la plupart, ne sont pas des accommodements "raisonnables" tels qu'entendus par la Cour suprême mais plutôt des concessions extrêmes visant souvent à éviter un litige).

Avons-nous une démocratie ou un régime de clientèlisme ?

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