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La dignité baffouée
Je lisais votre article et j'étais encore une fois bouleversé par le destin de toutes celles et ceux qui ont vu leurs rêves de retraite envolés. La justice semble impuissante à forcer le vampire à remettre le sang dans les veines des victimes qu'il a anémiées et conduites pour certaines mêmes au seuil de la mort. L'argent des gens est devenu par banale opération de blanchiment ni plus ni moins que son argent. Un jour peut-être le triste sire ira faire un petit séjour en prison, mais à dix, vingt, trente, voir cinquante millions de dollars de revenus par année d'incarcération ainsi légitimés, il serait sot de se plaindre de la rugosité des draps. D'ailleurs, son lit, il ne manquera pas de le quitter au sixième de sa peine... si jamais il est condamné, s'entend !
Je connais Gilles Viel depuis toujours. Nous nous sommes très peu vus depuis la fin de nos études. J'en ai gardé le souvenir d'un honnête homme, intègre jusqu'à la pointe des ongles, droit comme un chêne, parfait gentleman, aimable, serviable et aimé de tous. Il y a une dizaine d'années, il a organisé un conventum pour tous les anciens de la défunte Académie de Québec (devenue Cégep Ste-Foy). C'est avec beaucoup de plaisir que je l'ai retrouvé tel qu'en lui-même, déjà père de six enfants, communiquant tout sourire par radiation sensible son immense chaleur. Ce que je pensais de lui, de son éthique, m'a alors été confirmé par plusieurs qui eux avaient eu la chance de le fréquenter. De voir que la carrière de cet homme intègre, son image de marque, sa réputation d'investisseur rigoureux a été indirectement entachée par les agissements d'un vaurien fini, m'attriste profondément.
Et cela m'amène à penser que la part de responsabilité collective dans ce dramatique fiasco est des plus grandes. Nous ne pouvons rester les bras croisés et assister sans broncher, comme des clones de l'escroc Lacroix, au naufrage de tant de vies dont le seul crime aura été d'avoir eu la naïveté de croire que leurs avoirs placés prudemment étaient en sécurité et pouvaient leur assurer une retraite sinon confortable du moins digne et à l'abri de l'indigence. Je crois que nous devons inciter nos politiciens à intervenir comme ils le font régulièrement en notre nom pour dédommager les victimes de l'acte barbare dont ils ont été, sont et seront pour le reste de leurs jours, les innocentes victimes.
Jean-Paul Le Bourhis
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