Que les mécontents se montrent, dit Lisée

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La Presse canadienne
Édition du mercredi 12 décembre 2007

Mots clés : Parti québécois, conseiller, Jean-François Lisée, Québec (province)

Si certains, au Parti québécois, trouvent que Jean-François Lisée prend trop de place, eh bien qu'ils aient le courage de le dire à visage découvert plutôt que de le critiquer dans l'anonymat.

L'ancien conseiller des premiers ministres péquistes Jacques Parizeau et Lucien Bouchard a réagi ainsi à l'information parue dans Le Devoir d'hier voulant qu'il soit un peu trop présent au devant de la scène, avec ses interventions dans le dossier identitaire et de l'immigration.

M. Lisée a été invité à l'émission Tout le monde en parle, à Radio-Canada, a fait la promotion de son livre Nous et traite régulièrement des questions identitaires, notamment du projet de loi de la chef péquiste Pauline Marois, alors que sa position à lui va plus loin.

Or cela semble indisposer des péquistes, qui ont fait connaître leur mécontentement. Certains ne sont pas nommés dans l'article et M. Lisée ne leur prête guère de crédibilité. «Qui? Vous le savez? Vous avez des noms? Il n'y a pas de noms», a-t-il dit devant les journalistes. En fait, l'attaché de presse du parti, Éric Gamache, était clairement nommé dans l'article.

L'éminence grise s'est cependant montrée intéressée à débattre ouvertement de ces questions, mais contre un ou des adversaires connus. «Moi, j'adore le débat. J'aime savoir avec qui je débats. Et ceux qui ont le courage de l'anonymat, bien ça ne m'intéresse pas tellement. J'aime débattre à visière levée. S'il y a des gens qui veulent débattre à visière levée, ils savent où me trouver.»

M. Lisée a comparu hier devant la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, et c'est à titre personnel qu'il a témoigné.

Il a ainsi défendu son concept de citoyenneté québécoise, qu'il dit appuyé, non seulement par une majorité de francophones, mais aussi par une majorité de non-francophones.

«Les nouveaux citoyens québécois, pour devenir citoyen québécois, devraient démontrer une connaissance minimale du français. En retour, ils obtiendraient ce qu'on obtient quand on obtient la citoyenneté, c'est-à-dire le droit de voter et le droit de se présenter à des élections québécoises», a-t-il expliqué à la commission Bouchard-Taylor.

Selon un sondage qu'il a commandé, 72 % des personnes interrogées ont une opinion favorable de cette proposition, soit 76 % chez les francophones et 54 % chez les non-francophones.

Il est important de souligner que sa proposition ne viserait que les nouveaux arrivants au Québec. Ceux qui vivent déjà ici conserveraient la citoyenneté et les droits qu'ils ont déjà.

Une constitution québécoise, selon lui, constituerait «un signal clair envoyé au million de nouveaux Québécois que nous désirons accueillir» en énonçant les valeurs communes du Québec, comme la prédominance du français, l'égalité entre les sexes et la laïcité des institutions.

Par ce chiffre d'un million, il fait référence aux 55 000 immigrants que le gouvernement du Québec souhaite désormais accueillir chaque année, en projetant cette donnée sur 20 ans.


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