En marge de Bali

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Édition du mercredi 12 décembre 2007

Mots clés : environnement, Stéphane Dion, Gouvernement, Changements climatiques, Canada (Pays)

Position intenable

Pour le chef de l'opposition à Ottawa, Stéphane Dion, le Canada défend à Bali une «position intenable» en matière de lutte contre les changements climatiques.

Interviewé à l'émission Christiane Charette, Stéphane Dion a déclaré que l'isolement croissant du Canada à Bali pourrait lui coûter cher, surtout si un changement de garde à la Maison-Blanche en fait l'an prochain l'unique pays «sceptique» de la planète. «On risquerait de se faire boycotter d'autant plus par les autres pays» qui assumeront des exigences de production énergétique plus strictes. Pour le chef libéral, «la philosophie de base , ça ne doit pas être: je ne ferai rien à moins que les autres fassent quelque chose. Ça doit plutôt être: je ferai le maximum que je peux et dirai aux autres d'en faire autant. Les pays qui peuvent en faire plus devraient en faire plus».

Cesser le sabotage

Le chef néo-démocrate, Jack Layton, et son bras droit québécois, Thomas Mulcair, ont exhorté hier le gouvernement Harper à «appuyer, et non pas à saboter les pourparlers» en cours à Bali sur la période de réduction post-2012 de Kyoto. «La prochaine phase d'engagements est encore plus importante que la première», selon Jack Layton, qui estime que les reproches et les excuses doivent céder le pas à l'action. Il invite tous les partis d'opposition à forcer l'adoption de son projet de loi sur la responsabilité envers le climat, qui était débattu en comité parlementaire hier. Ce projet de loi obligerait le gouvernement à établir et à ajuster ses cibles de réduction de GES tous les cinq ans pour atteindre en 2050 une réduction globale de 80 % par rapport à 1990.

L'incident Baird

Le ministre fédéral de l'Environnement, John Baird, a mécontenté hier les jeunes Canadiens présents à Bali après avoir annulé sa participation à une rencontre où il devait leur expliquer son plan de lutte contre les changements climatiques. Déjà en colère parce que le ministre avait fermé la porte de la délégation canadienne aux parlementaires au profit des représentants industriels, dont une des pétrolières de l'Ouest, les jeunes ont été frustrés de voir le ministre tout près de leur salle avant de disparaître. Le président de la rencontre et conseiller du ministre fédéral, Pierre Marc Johnson, a expliqué que M. Baird avait eu de subites priorités de négociation. Son exposé a été remplacé par des présentations des technologies des industriels présents, ce qui les a incités à quitter la salle.

Les millions

Le Canada a annoncé à Bali qu'il investirait 7,45 millions de dollars dans le Fonds spécial sur les changements climatiques destiné à l'aide aux pays pauvres confrontés au réchauffement, portant sa contribution à 13,5 millions, ce qui en fait le deuxième donateur. Ottawa dépensera cependant 85,9 millions en quatre ans pour aider les Canadiens à s'adapter aux changements climatiques. Mais selon l'ONU, c'est dans les pays en développement que les principaux problèmes d'adaptation se poseront.


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