Opinion
Les GES menacent-ils la croissance économique?
Mots clés : Stephen Harper, environnement, gaz à effet de serre, Économie, Canada (Pays)
Le gouvernement de Stephen Harper a jusqu'à présent été incapable de nous expliquer les fondements de sa position sur la réduction des gaz à effet de serre (GES). Il doit d'abord nous dire ce qu'il arrivera si rien n'est fait pour réduire les GES. La croissance économique, au Canada et dans le reste du monde, souffrira-t-elle ou non de cette situation? Après, nous pourrons discuter de ce qu'il faudra faire. Si la menace est faible, il y aura peu à faire. Si la menace est importante, il y aura beaucoup à faire.
Ce principe traduit l'idée que la protection de l'environnement a un effet négatif à long terme sur la croissance économique. Il va totalement à l'encontre de l'idée qu'en protégeant l'environnement on protège également la croissance économique à long terme. Il revient aussi à rejeter l'idée qu'il serait acceptable de réduire à moyen terme la croissance de notre PIB si cela avait pour effet de l'augmenter à plus long terme.
Taux de croissance
Cette interprétation de la position du gouvernement fédéral est cohérente avec son dernier plan de réduction des GES; ce plan aurait été conçu à partir d'un scénario de base selon lequel, si aucune nouvelle mesure n'est prise à cette fin, la croissance moyenne du PIB réel canadien se poursuivra comme par le passé et ne sera donc pas affectée par ces émissions.
Le gouvernement a retenu un scénario de base prévoyant un taux de croissance moyen du PIB canadien d'un peu plus de 2 % par an jusqu'en 2025. On est donc loin d'une situation où la croissance des émissions de GES produirait un ralentissement marqué de l'activité économique, par le biais du réchauffement de la planète et de catastrophes écologiques, et plus loin encore d'une situation où il y aurait une forte réduction de l'activité économique. Notez la brièveté de la période (2007-25) retenue par le gouvernement Harper pour ses simulations, comme si une telle politique devait être évaluée sur une période de moins de 20 ans. Une période beaucoup plus longue n'aurait-elle pas dû être utilisée? Ici, on parle de préserver la Terre contre les effets de changements climatiques pendant de très nombreuses décennies, sinon quelques siècles.
Une fois que le gouvernement canadien nous aura donné son évaluation de la menace qui plane sur l'économie canadienne, nous pourrons mieux comprendre sa stratégie tant à l'échelle canadienne qu'à l'échelle mondiale. D'ici-là, les gestes qu'il a posés ainsi que sa façon d'évaluer les répercussions de ses politiques environnementales nous laissent croire que cette menace ne serait pas très importante et qu'il y aurait peu à faire. Les pays désireux de faire des efforts considérables pour réduire les émissions de GES ont bien raison d'être préoccupés par la position du Canada à la conférence de Bali.

