Que le front américain anti-Bali commence à se lézarder, voilà en soi une bonne nouvelle. Mais au vu du chemin parcouru tant au Canada qu'aux États-Unis, la pente à remonter pour l'après-2012 est terriblement abrupte. Imaginez : ces deux pays - le nôtre en est à ma grande honte - ou bien n'ont pas adhéré à Kyoto (USA), ou bien ont renié leur signature (Canada). Ils devaient, selon Kyoto, réduire leurs émissions de co2 à 6 % sous le niveau de 1990. Or, non seulement ils n'ont pas réduit leurs émissions, mais ils sont dans les 30 % au-dessus de ce niveau. Comment pourront-ils arriver à réduire (je cite M. FRANCOEUR) «comme groupe leurs émissions entre 25 et 40 % sous le niveau de 1990 d'ici 2020 afin que les émissions globales de GES plafonnent dans les prochains 10 à 15 ans et atteignent d'ici 2050 la moitié de ce qu'elles étaient au début du siècle.» La réduction exigée serait d'environ 60 %. Ou bien nos deux pays américains continuent de bouder Bali comme ils on fait pour Kyoto, et la planète court au désastre, ou bien ils se relèvent les manches et font preuve d'imagination pour travailler sérieusement à la source principale du problème : la consommation effrénée. C'est là que réside le problème de fond, et Pierre Foglia passe pour un clown quand il l'évoque, mais il a totalement raison. Si donc lueur d'espoir il y a présentement à Bali, elle est bien faible, cette lueur, elle n'a aucune chance d'aveugler qui que ce soit.
Je cite Al Gore : «L'issue sera influencée de manière décisive par deux nations qui n'en font pas assez aujourd'hui: les États-Unis et la Chine [...] Ce sont les deux principaux émetteurs de CO2, surtout mon propre pays, qui devront faire les gestes les plus audacieux sous peine d'être jugés par l'histoire pour leur inaction.» Oui la Chine aussi doit s'impliquer très sérieusement. Même si elle a peu pollué dans le passé, la voilà en train de mettre en danger notre planète, et bientôt davantage que les États-Unis mêmes.
Je suis fort déçu des manigances actuelles du Canada à Bali. Selon M. FRANCOEUR, «les écologistes canadiens ont divulgué hier un justificatif émanant de la délégation canadienne qui minimise les efforts de réduction de grands pays européens comme la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne.» Je ne reviens pas sur les détails, ils sont trop minables. Heureusement qu'il y a le Québec dont la conscience écologique redore un peu le blason international de notre pays ! Espoir pour notre planète ? Je commence déjà à renier mon titre !