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La vitesse du réchauffement actuel

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Jean-Pierre Audet (jean.pierre.audet@videotron.ca)
Envoyé Le lundi 10 décembre 2007 11:00



Pour le moment, il serait indécent de la part des pays développés d'attendre des pays asiatiques en développement qu'ils s'astreignent aux mêmes contraintes qu'eux, étant donné leur taux d'émissions de CO2 qui augmentent présentement à grande vitesse. Il faut d'abord leur donner l'exemple en commençant par les USA et le Canada, évidemment. Mais il faudra bientôt qu'ils s'y mettent eux-mêmes résolument, principalement la Chine et l'Inde. Le Japon devrait déjà leur donner l'exemple, plutôt que de se cantonner à un esprit de compétition.

Deux thèses scientifiques s'affrontent dans ce débat sur le réchauffement climatique : celle qui veut que les activités humaines soient d'un impact mineur, comparées aux fluctuations naturelles depuis des millions d'années. L'autre thèse soutient au contraire que la vitesse du réchauffement actuel ne s'est jamais produite auparavant et qu'elle est due aux activités humaines, dont les émissions de gaz à effet de serre, la déforestation intempestive ainsi que les ouvrages d'envergure qui visent à contrer la nature plutôt qu'à s'y adapter. C'est cette dernière thèse qui reçoit mon adhésion actuelle, à moins d'informations supplémentaires qui me convaincraient du contraire.

Un ami paléontologue m'écrivait récemment un argumentaire convaincant dont je ne joins ici que la fin :

«Le principal problème dans l'évolution actuelle du climat reste sa rapidité, qui risque d'empêcher l'adaptation progressive des espèces présentant une longue durée de génération. Les insectes et les petits mammifères s'en
sortiront, mais pas les ours blancs, qui sont probablement condamnés à disparaître rapidement, car strictement inféodés à la glace, contrairement au phoques (il y a des phoques en méditerranée!). Les prospectives à court termes (1-2 siècles) sont probablement assez réalistes (env. 120 km. de changement climatique latitudinal par demi-siècle pour l'Europe) et correspondent à ce que j'ai observé durant ma courte existence de naturaliste en France (j'ai vu arriver les premières cigales dans la vallée de la Loire en 1963, les premiers scorpions méditerranéens vers 1970 et les premiers vols massifs de sphynx du laurier rose en 2000). Le changement climatique en lui-même m'angoisserait nullement s'il n'y avait sa rapidité exceptionnelle, à laquelle s'ajoute le rôle de l'homme dans l'homogénéisation de la flore (déforestation et reforestation de quelques essences non indigènes seulement) et donc dans la disparition de la diversité des espèces.»

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