Michel Onfray devant Willy Ronis

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Jean-François Nadeau
Édition du samedi 08 et du dimanche 09 décembre 2007

Mots clés : Fixer des vertiges, Willy Ronis, Michel Onfray, Livre, Culture, Québec (province)

Michel Onfray écrit beaucoup. Est-ce trop? Plus d'une quarantaine de titres ont été publiés à ce jour par ce philosophe populaire âgé de 48 ans. Il publie presque au même rythme effréné que son ami Régis Debray, qu'il évoque d'ailleurs dans Fixer des vertiges, une balade dans l'oeuvre de Willy Ronis, dernier grand photographe humaniste français de l'ère des Doisneau et des Cartier-Bresson.

«Le vertige prouve l'art», avance Onfray d'entrée de jeu pour se lancer, à cheval sur une phrase de Rimbaud, sur le terrain de la photographie de Ronis. Dans sa cavalcade, Onfray affirme que ce vertige est à même de déboucher «sur une clairière de sens, donc de plaisir». L'oeuvre du photographe serait-elle donc, pour l'oeil de celui qui la regarde, un simple plaisir qui doit par ailleurs, pour être compris, se voir constamment rapproché de l'oeuvre de peintres classiques, comme Onfray le suggère sans cesse?

Une analyse étrange

Willy Ronis a beau avoir été nourri, dès son plus jeune âge, par la fréquentation des musées, ses photographies appartiennent à un art qui est autonome, indépendant de la peinture, et qui n'a pas, en conséquence, à sans cesse se réclamer d'elle pour s'expliquer. Ce recours constant d'Onfray à Courbet, Millet, Van Gogh, Seurat, Renoir ainsi qu'à d'autres peintres révèle surtout son incapacité à parler de la photographie en tant que telle.

L'analyse que trace Onfray de l'oeuvre du photographe français est parfois étrange tant il semble vouloir la conduire dans une direction prédéterminée, celle de la révérence au monde ouvrier. «On chercherait en vain des portraits de stars dans l'oeuvre» de Willy Ronis, écrit-il. Dans le même paragraphe, il nous dit pourtant que Ronis a été le photographe de Sartre, Aragon, Picasso, Char, Prévert, Brassaï et Doisneau. Faut-il ajouter qu'il a aussi photographié Isabelle Huppert, entre autres? Simple résultat de commandes, affirme Onfray. En vérité, non. Willy Ronis «mémorialiste du peuple», où se plaît à le confiner Onfray, travaillait aussi sous la pression de commandes lorsqu'il photographiait les classes populaires, là où il excelle en effet le mieux.

Ronnis a parlé lui-même de son travail, en des termes humbles qui ressemblent à ses photos, dans Traits et portraits, un regard intime sur certaines de ses photographies paru l'an passé au Mercure de France.

***

Fixer des vertiges

Les photographies de Willy Ronis

Michel Onfray

Galilée

Paris, 2007, 90 pages


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Désolant - par Silver Ccile
Le lundi 10 décembre 2007 03:00

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