Danse - Entre plaisir, pédagogie et création

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Frédérique Doyon
Édition du samedi 08 et du dimanche 09 décembre 2007

Mots clés : Dominique Porte, Debout et être, Culture, Danse, Montréal, Québec (province)

À l'approche de Noël, la danse revêt un petit voile pédagogique subtil. Les institutions de formation dévoilent le talent de leurs finissants et le théâtre Tangente innove avec un programme destiné à toute la famille. Le bonheur de danser s'y conjugue à l'apprentissage, tantôt du public, tantôt des chorégraphes et interprètes eux-mêmes. Pour des rencontres rafraîchissantes.

La chorégraphe Dominique Porte mène la danse des 12 finissantes de l'Université du Québec à Montréal, qui interprètent Debout et être, une oeuvre en trois tableaux ponctuée par la musique de Laurent Maslé et Thom Gossage.

La pièce réinvente certains extraits du répertoire de la chorégraphe -- Cortex (1999), Plus seule qu'en solo (2005) et Exit (2006). «Ce qui est intéressant, c'est de prendre du matériel existant et de le contextualiser, extirper un micro-élément [d'un répertoire connu] et en faire toute une pièce, dit la meneuse de troupe. Mais le plus gros défi, c'est de ne pas perdre de vue l'objectif: la réalité de l'apprentissage.»

Donner corps et poésie aux objectifs pédagogiques, joli défi! Le titre de l'oeuvre trahit déjà cette mission. «Debout et être, c'est comment être debout [sur ses pieds et avec affirmation] tout en sachant se déstabiliser, explique la chorégraphe. Comment être présent, se démarquer?»

C'est le profil du groupe, très homogène (que des filles!) et démocratique (pas d'ego!), qui l'a mise sur ces pistes. Dominique Porte a donc travaillé sur trois fronts: la logique du groupe, qui exige une grande capacité d'écoute de l'autre; la dépense d'énergie, qui n'est pas nécessairement proportionnelle à l'exigence technique; et le jeu avec le temps, l'attente.

Il s'agissait d'apprendre à se nourrir «du "momentum" de l'autre», à voir que «chaque impulsion a un impact sur le tout», à «mettre autant d'effort sur les trucs techniques que sur les petits gestes comme la 4marche», explique la chorégraphe. Mais celle-ci voulait surtout leur faire comprendre qu'interpréter ne se résume pas à répéter une gestuelle apprise. «L'interprétation, c'est aussi ce qu'on en fait. C'est pas seulement parce qu'on est en solo que c'est nécessairement fort; il faut y mettre du sien. Être interprète, c'est aussi être capable de déclencher des choses chez le chorégraphe, même si le matériel de base est là.»

La magie de la création fait que ces propositions toutes pédagogiques prennent une dimension poétique qui dépasse largement la leçon inculquée.

Triplé chorégraphique

Trois univers s'entrechoquent au Théâtre La Chapelle, sous l'impulsion des 14 finissants de LADMMI (Les Ateliers de danse moderne de Montréal inc.). Les chorégraphes Martin Bélanger et Pierre Lecours, aux esthétiques diamétralement opposées, ont chacun concocté une création sur mesure pour les jeunes danseurs en herbe.

S'y ajoute une oeuvre majeure du répertoire de la compagnie Montréal Danse, qu'il fera bon de revoir: One second de la Coréenne Ae Soon Ahn, superbe métaphore de la quasi-noyade dont la chorégraphe a été victime. Les scènes chaotiques, frénétiques, où les danseurs se heurtent et s'élancent dans tous les sens, comme si la vie se multipliait soudain, cèdent la place à des tableaux d'une lenteur hypnotique. Les corps semblent alors flotter dans l'apesanteur, entre vie et mort.

Danses en famille

La danse jeune public fait des petits. Tangente convie pour la première fois les enfants de quatre à huit ans à assister à une matinée qui leur est spécifiquement destinée. Mariant drame et absurde, Alex Lalune aborde la difficulté d'entrer en contact avec l'autre. Pour sortir de sa solitude, un garçon rêveur entretien une relation avec Bintang, son amie imaginaire, qui allume pour lui toutes les veilleuses du ciel, en commençant par la lune. La jeune chorégraphe Catherine Gaudet a travaillé avec Jocelyne Montpetit, Benoît Lachambre et en théâtre balinais à Bali. Il s'agit de sa quatrième création.

Bataille de mouvements

Autrement formatrices, les Imprudanses, ces joutes d'improvisation dansée mises en branle en 2004 par la jeune relève, ont repris du service sous forme de 5 à 7 au café de l'Usine C au début de novembre. Des équipes s'affrontent sur des thèmes et consignes imposés par l'arbitre, au rythme des performances d'un DJ. Le prochain match se déroule le dimanche 9 décembre. S'ensuivront deux autres rencontres décoiffantes les 27 janvier et 30 mars.

***

Debout et être

De Dominique Porte

Du 12 au 15 décembre à l'Agora de la danse

Cru d'automne 2007

De Martin Bélanger, Pierre

Lecours et Ae Soon Anh

Du 19 au 22 décembre au Théâtre La Chapelle.

Alex Lalune

Les 15 et 16 décembre à 16h

à Tangente5


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