Une charmante réussite
Mots clés : Chris Weitz, The Golden Compass, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)
Faute sans doute d'avoir lu la trilogie Les Royaumes du Nord de Philip Pullman, je reste déconcertée par la controverse religieuse entourant aux États-Unis la sortie en salle de The Golden Compass. Que le Magisterium constitue une représentation symbolique et tordue du Vatican paraît dans le film tellement anecdotique. Mais les fanatismes religieux sont souvent aveugles...
The Golden Compass
(À la croisée des mondes: La Boussole d'or)
Réalisation et scénario: Chris Weitz, adapté du premier tome de la trilogie de Philip Pullman. Avec Nicole Kidman, Dakota Blue Richards, Sam Elitoo, Eva Green, Daniel Craig, Christopher Lee, Tom Courtenay, Derek Jacobi. Image: Henry Braham, Montage: Peter Honess, Anne V. Coates, Kevin Tent. Musique: Alexandre Desplat.
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Quoi qu'il en soit, ce film, qui s'inscrit dans la lignée des Harry Potter mais est plus proche encore des Chroniques de Narnia, relève du bon divertissement pour enfants, pétri d'effets spéciaux assez spectaculaires. Moins réussis toutefois que ceux des trois volets du Seigneur des anneaux, qui avaient élevé la barre bien haut...
Les daïmons, ces âmes des humains qui prennent la forme changeante d'animaux de compagnie dans The Golden Compass, n'ont jamais la perfection du tout aussi virtuel Golum dans les films de Peter Jackson, ce hobbit déchu qui éblouissait par la souplesse de ses expressions et de ses mouvements. Effectivement, il est difficile d'étonner et d'innover désormais dans ce type de films. Encore que les décors et costumes soient assez éblouissants. Un budget de 200 millions de dollars, ça aide...
The Golden Compass hérite aux États-Unis de la cote PG-13 (interdit aux moins de 13 ans non accompagnés) à cause de la violence de certaines scènes, mais les enfants en ont vu d'autres, et cette restriction nuira sans raison valable à cette production pour toute la famille, vedette du temps des Fêtes.
C'est rigolo, et ça se déploie dans un univers fantastico-apocalyptique, où chaque humain possède son petit daïmon tantôt tigre, tantôt singe, tantôt chat, qui trottine sur ses talons où mène le train en se chamaillant avec les autres.
Chris Weitz (le cinéaste d'American Pie et d'About a Boy) adapte ici l'histoire de Lyra (Dakota Blue Richards), une intrépide orpheline de 12 ans à la peau de nacre très britannique. La demoiselle vit dans une époque indéterminée, à Jordan College, près d'Oxford. Son oncle (Daniel Craig), malgré l'anathème du puissant Magisterium, le gouvernement planétaire, cherche à déterminer la nature d'une poussière qui ressemble aux aurores boréales et qui déploie sa lumière dans le cercle arctique. Des rumeurs veulent qu'au pôle Nord, des enfants soient kidnappés pour faire l'objet de manipulations expérimentales. Or voici que Marisa (Nicole Kidman), une belle aventurière scientifique, adopte Lyra, qui décampe à ses côtés pour mener sa petite enquête. Car son meilleur ami a disparu et les gitans, qui ont perdu plusieurs de leurs enfants, la guident, de même qu'un ours blanc batailleur et allié fidèle.
Le film, qui s'éclate dans la veine féerique, se déroule aux quatre coins du monde, avec des scènes particulièrement réussies dans le royaume des glaces éternelles. L'histoire, rebondissante, tient en haleine, les batailles sont épiques, les décors intérieurs du laboratoire, parfois inspirés de A.I. de Spielberg.
La jeune Dakota Blue Richards possède le physique nacré d'une vraie Alice au pays des merveilles et déploie l'énergie du rôle. Elle donne la réplique avec aplomb à Nicole Kidman, cette dernière magnifique dans ses atours d'un autre monde et de toute évidence ravie de jouer «la vilaine» de service, en faisant une Glenn Close d'elle-même. Le film hérite d'une brillante distribution, avec Daniel Craig (le séduisant James Bond de Casino Royal), l'incontournable Christopher Lee en haut conseiller, la belle Eva Green en sorcière volante, Derek Jacobi en émissaire du Magisterium, etc. Ajoutez les voix d'Ian McKellen, de Kristin Scott Thomas, de Kathy Bates, etc.
Si les animaux virtuels semblaient moins raides et plus naturels, on pourrait parler de franche réussite. Il manque un degré supérieur dans la maîtrise des figures virtuelles, mais on ne chipote pas son plaisir et le film se révèle charmant.
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